Nepthys Zwer : dire l’espace du point de vue des subalternes
Nepthys Zwer est chercheuse en histoire et historienne de la culture. Elle est spécialiste de l’œuvre d’Otto Neurath et de son système graphique d’information, l’Isotype. Contre-cartographe, elle anime imagomundi.fr, une plateforme web de recherche indépendante, dédiée à nos usages de l’espace et à ses représentations. Pour Balises, à l’occasion de la récente réouverture de l’espace « Cartes et atlas » de la Bpi, elle a répondu à quelques questions sur sa vision de la cartographie.
Propos recueillis le 28 janvier 2026 par Hélène Becquembois, Bpi.
Nepthys Zwer, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Nepthys Zwer : Je suis civilisationniste en Études germaniques et contemporanéiste. Simplifions en disant que je suis historienne de la culture. Ma recherche porte, à l’origine, sur les concepts politiques et économiques de l’entre-deux-guerres, ce qui me procure, d’ailleurs, un regard inquiet sur l’actualité de 2026 ! Je me suis intéressée à la notion d’ingénierie sociale telle que développée par l’économiste et philosophe Otto Neurath, c’est-à-dire à la façon dont la société civile peut être intégrée aux processus de décision politique, voire en être la source (ce qui devrait toujours être le cas !). Pour cela, Otto Neurath a développé l’Isotype, une méthode graphique de représentation de statistiques, avec Marie Reidemeister et toute l’équipe de leur musée de Vienne, le Gesellschafts und Wirtschaftsmuseum. Ma thèse à ce propos, L’Ingénierie sociale d’Otto Neurath, a été publiée en 2018.
Quel est votre parcours ? Comment en êtes-vous venue à la cartographie ?
NZ : C’est ma recherche sur l’Isotype d’Otto Neurath qui m’a conduite à la contre-cartographie. Dans cette méthode graphique de représentation des statistiques, les données quantitatives sont simplifiées et prennent la forme de petits pictogrammes placés sur des fonds de carte ou des graphiques assimilés. Il devient ainsi très facile, avec cette méthode, d’appréhender les grands enjeux de la vie économique et sociale, même sans être expert·e de la question. C’est exactement ce que propose la contre-cartographie : s’approprier un outil qui se trouvait jusqu’alors, tout comme la statistique, entre les mains des groupes décisionnaires. Ainsi outillé·e, vous êtes à même de formuler et de proposer votre propre version du monde. Dire l’espace, ce qui s’y passe, du point de vue des subalternes (voir Gayatri Spivak) est le grand enjeu de la contre-cartographie.
Quelle est la nature de vos travaux ? Que cartographiez-vous en ce moment ? Quels sont vos projets en cours ?
NZ : Je suis avant tout une autrice qui explique le fonctionnement des cartes. L’écriture de Cartographie radicale (2021) et l’édition de Ceci n’est pas un atlas (2023) ont été décisives. Mon prochain ouvrage sur le sujet paraîtra au printemps 2026 aux Éditions du commun, une maison engagée dans la diffusion de la connaissance et l’éducation populaire. Je termine actuellement un autre ouvrage, à paraître à l’automne 2026.
Écrire un livre, c’est passer beaucoup de temps à son bureau, mais c’est ensuite aussi faire vivre ce livre auprès du public. C’est ce partage, cet échange et cette discussion qui m’intéressent. Les sollicitations en ce moment sont telles que je suis obligée de reporter nombre de projets, notamment cartographiques.
J’ai également accompagné à ce jour plus d’une soixantaine d’ateliers de cartographie collective avec les publics les plus variés, de la recherche en sciences sociales aux écoles des Beaux-Arts et d’architecture, en passant par des classes de CP. Je ne me permets jamais de reprendre les cartes réalisées par ces groupes pour en faire quelque chose de « joli » ou de publiable, car j’aurais l’impression de les trahir en me posant en spécialiste. Autant le travail graphique réalisé par les Éditions à la criée fait sens, car il est le résultat d’une vraie concertation collective, autant se poser en artiste inspirée, en designer des idées des autres me semble de la prédation de données. Pour moi, c’est l’œuvre collective qui est intéressante.


Peut-on réellement tout cartographier ?
NZ : Je vous répondrai : peut-on tout dire ? Il est bien sûr plus approprié de cartographier des phénomènes qui se déroulent dans l’espace. C’est le propre de la géographie. Mais qu’est-ce qui, dans notre vie, n’a pas de dimension spatiale ? Ne sommes-nous pas des animaux dotés de corps qui se déplacent, occupent et forgent l’espace ? La carte est un outil heuristique, elle permet de schématiser, d’agencer et d’organiser, même les idées. C’est une façon d’ordonner, d’assigner une place et des relations à des objets dans un espace fictif pour mieux se les représenter mentalement et échanger à leur propos. Les cartes heuristiques, les tableaux, les diagrammes, les organigrammes « cartographient » ainsi l’abstraction.
Sous le « non-cartographiable », je rangerais plutôt le refus de certains groupes à se voir cartographier. Si s’inscrire sur la carte c’est forcer à la reconnaissance, refuser d’y apparaître peut être une façon de se protéger. Pensez aux habitant·es de quartiers informels, comme les favelas au Brésil, qui ne souhaitent pas faire l’objet d’un tourisme de la misère.
Vous vous définissez comme contre-cartographe… Pouvez-vous nous en dire plus ?
NZ : Le terme de « contre-cartographe » sert plutôt à camper le décor. À côté de ce terme-valise, forgé à partir du counter-mapping de la sociologue Nancy Lee Peluso, ceux de « cartographie radicale » ou « cartographie critique » ont également cours. À ce jour, il n’y a aucun consensus sur la dénomination de ce phénomène qui se manifeste en Occident depuis le tournant du millénaire, mais qui, en réalité, est bien plus ancien. Dans les années 1970-1980, vous aviez, aux États-Unis et en Grande-Bretagne, des tenant·es de la géographie critique ou radicale (voir David Harvey, William Bunge, Doreen Massey) À Detroit, une jeune activiste noire-américaine, Gwendolyn Warren, a par exemple initié des projets contre-cartographiques remarquables.
Moi-même, je considère que je fais simplement de la maïeutique, en facilitant l’appropriation du concept par un nombre croissant d’actrices et acteurs de la société civile.
Vous avez créé le terme de spatio-féminisme. Pouvez-vous décrire cette notion ? Nous donner des exemples concrets ?
NZ : La géographie, comme toutes les sciences, est pleine d’impensés. Les féministes ont développé une approche critique de la connaissance (voir les travaux de Donna Haraway ou de Nancy Hartsock) qui permet de prendre conscience de ces multiples biais et de s’émanciper de la « masculinité abstraite » qui formate toutes nos représentations. Elles postulent que le masculin vaudrait pour l’humain en général (voir les travaux de Sandra Harding ou de Michèle Le Dœuff). C’est la mise au point que je propose dans mon dernier livre, Pour un spatio-féminisme. De l’espace à la carte.
Dès que j’ai commencé à rechercher et écrire sur la contre-cartographie, j’ai compris qu’elle mobilisait ces approches épistémologiques féministes, sans parfois en avoir conscience. J’ai voulu expliciter ce point. Mais aussi, et surtout, j’en appelle à une prise de conscience de la spatialité de nos vies. Cette dimension est bien sûr parfaitement intégrée dans l’analyse spatiale en géographie, mais, curieusement, nous, la société civile, nous sommes comme aveugles à tout ce que l’espace dévoile de nos pratiques et représentations quand nous nous donnons la peine de le lire.
Nos pratiques spatiales expriment clairement le conditionnement de genre opérant dans l’auto-perception de nos corps (les filles ne bougent pas comme les garçons – pensez au manspreading dans les transports en commun…) et dans les pratiques sociales différenciées (en raison de la charge du care, du travail de reproduction des humains incombant surtout aux femmes qui adaptent même leur vie professionnelle à cette contrainte). Le « cylindre spatio-temporel » dans mon dernier livre illustre parfaitement cet état de fait.

Que dire des restrictions à l’accès à l’espace public que nous nous imposons nous-mêmes, quand la ville nocturne est ainsi associée par les femmes à un danger irrationnel ? On ne le répètera jamais assez : l’endroit le plus dangereux pour une femme, c’est le domicile conjugal ! L’espace public est un enjeu politique majeur, comme le montre l’acharnement de gouvernements tyranniques à en supprimer les manifestant·es, en Iran ou aux États-Unis.
Quels sont les biais du ou de la cartographe ?
NZ : Avec ma double culture franco-allemande, j’ai toujours abordé la connaissance avec une conscience exacerbée de la relativité de tous les énoncés que nous formulons sur le monde. Le sens d’un mot en allemand n’est pas forcément le même en français. Certaines notions sont même intraduisibles. Les enfants bilingues grandissent avec cette incertitude sémantique qui vous rend prudent·e, mais aussi curieux·se.
J’aime beaucoup ce dicton, que je tiens de je ne sais où : « Pour la grenouille au fond du puits, l’univers n’est qu’un petit disque bleu. » L’objectivité scientifique n’y change rien : nous parlons toujours à partir d’un endroit précis, dans des conditions particulières (géographiques, sociales, de pouvoir…) et avec nos cadres de référence propres (ceux du groupe, de notre socialisation). Être « dans le vrai », comme disait Michel Foucault, c’est-à-dire être en conformité avec la doxa ambiante, fait aussi que nos énoncés s’inscrivent dans un discours autorisé et que nous pourrons facilement les diffuser. Le discours géographique est ainsi plein d’impensés. Il est produit par les groupes qui détiennent un avantage technique, économique et/ou coercitif. Les cartes des empires coloniaux ont longtemps décidé des formes du monde. Voyez le débat autour de la projection Mercator initié par l’Union africaine. L’Afrique y est réduite à la même taille que le Groenland alors qu’elle est 14 fois plus grande ! Dans Cartographie radicale. Explorations j’explique tous ces biais.
Un monde complexe suppose-t-il des cartes complexes ?
NZ : La carte est un support de l’information, un médium comme un autre, sauf qu’elle utilise le pouvoir performatif de l’image pour vous imposer une certaine version du monde. Comment ne pas croire cette image prétendument objective et scientifique ? C’est, de plus, la seule image dont nous disposons pour visualiser des échelles (celle de la région, du globe, etc. ) qui dépassent celle du milieu que nous pratiquons physiquement. Dès les années 1990, des historiennes et historiens de la cartographie, comme par exemple Brian Harley, ont déconstruit le fonctionnement de cet objet culturel.
Quand nous lisons une carte, nous la lisons avec les lunettes de nos propres représentations et connaissances. Nous ne sommes pas en capacité de comprendre la plupart des « cartes à voir » du Moyen Âge parce qu’elles font référence à des savoirs, usages et intentions que nous ignorons. Les « cartes à lire » de nos journaux croulent sous les données précises et techniques. Mais ne nous leurrons pas : si leurs sources sont citées, nous ne savons rien de la façon dont les données ont été traitées, sélectionnées, ni pourquoi cette carte a été produite, avec quelle intention, avec quels moyens économiques… La complexité n’est pas un gage d’exactitude. La « carte à voir » a au moins l’honnêteté d’assumer sa subjectivité.
Que pensez-vous de la démocratisation de la cartographie et de l’émergence d’initiatives citoyennes reposant sur la cartographie des données ouvertes pour produire des discours critiques plus visuels ?
NZ : Je travaille justement avec ces groupes. Nous nous trouvons dans un moment d’effervescence initié par cette dynamique de démocratisation de l’outil en cours. Voyez l’IGN (Institut national de l’information géographique et forestière), qui, conscient de ce changement, a lancé la République des cartes en 2025, ou la BnF (Bibliothèque nationale de France) qui fait un formidable travail de diffusion de la connaissance cartographique.
L’engouement pour mes nombreux ateliers me disent que le rêve du père de la sémiologie graphique, Jacques Bertin, est en train de se concrétiser : un jour tout le monde fera des cartes ! Mais attention, ce que l’on a appelé la « néogéographie » – le recours aux outils numériques pour créer de l’information géographique amateure – ne couvre qu’une petite partie de ces usages. Ils supposent, une fois de plus, d’avoir la possibilité de s’y consacrer (avoir le temps et l’argent disponibles), ce qui constitue de nouveau un biais de production, notamment de genre. Voyez la formidable plateforme de cartographie collaborative OpenStreetmap, essentiellement renseignée dans les pays de l’OCDE et par… des hommes !
La cartographie peut-elle être dérangeante ?
NZ : Bien sûr ! Notre culture visuelle est « confortable ». Ce confort visuel est même conservateur : la nouveauté nous gêne et nous aimons reconnaître des formes familières et rassurantes dans les images qui nous entourent.
Les logiciels de dessin vectoriel comme Illustrator permettent de réaliser de jolies cartes selon un design convenu, voire en mimant le trait de crayon, mais ils formatent complètement nos imaginaires, ils l’appauvrissent de manière irréversible. Les cartes réalisées dans les ateliers collectifs que j’accompagne peuvent être certes « maladroites », mais elles sont riches d’informations de première main non disponibles ailleurs. Habituons-nous à ces images non formatées ! Ce qui dérange vraiment dans la contre-cartographie, c’est que soudain des populations subalternes s’arrogent le droit de produire de l’information géographique, et ce, en sortant du cadre de sa production technique. Ce faisant, elles formulent une information de première main, celle de leurs pratiques et connaissances personnelles de l’espace. Ces données empiriques, sensibles, parfaitement subjectives, n’intéressent pas. Les quartiers informels (je n’emploie pas volontairement le terme de « bidonvilles », trop dénigrant) apparaissent comme de grands aplats gris, des vides, voire des forêts sur les cartes officielles. D’autres sont même gênantes. Quand l’Anti-Eviction Mapping Project montre la corrélation entre AirBnB et l’éviction des populations pauvres du centre historique de San Francisco, ou que Harassmap répertorie les agressions sexistes et sexuelles subies par les femmes dans l’espace public, cela ne produit-il pas une information nouvelle et politiquement très dérangeante ? Ces projets sont d’ailleurs présentés dans Ceci n’est pas un atlas.
Quels sont, selon vous, les défis de la cartographie aujourd’hui ?
NZ : Je vous propose d’attendre l’automne 2026 pour répondre à cette question. Début septembre 2026, Sorbonne Université lance un grand colloque international, intitulé « Trouble dans la cartographie. Contre-cartographies et changements de paradigmes », qui devrait éclaircir notre horizon. Il s’agit pour nous de comprendre ce que la contre-cartographie fait à la géographie. Pour cela, nous avons invité les actrices et acteurs de la cartographie, des expert·es, des théoricien·es, des groupes militants et des spécialistes de l’aménagement du territoire à débattre en dehors des silos hermétiques et des sentiers battus de la géographie contemporaine. Je pense que le terme de « contre-cartographie » ou de « cartographie radicale » aura bientôt fait son œuvre et que nous ne parlerons plus que de « cartographie », cet outil aux multiples formes et multiples usages.
Publié le 02/02/2026 - CC BY-SA 4.0
Pour aller plus loin
Imago mundi
Cette plateforme est dédiée à nos usages de l’espace et à ses représentations : cartographies, arts visuels, reportages, données, analyses… Ce site publie de nombreux articles de Nepthys Zwer.
Découvrez les ouvrages de Nepthys Zwer
Pour un spatio-féminisme. De l'espace à la carte
Nepthys Zwer
La Découverte, 2024
Une réflexion sur le féminisme dans une approche spatiale permettant de rendre compte des inégalités que subissent les femmes depuis les années 1970. L’autrice examine les manifestations objectives que les femmes entretiennent avec l’espace puis étudie la façon dont elles se l’approprient, ou pas, en fonction des normes sociales. Elle analyse également le rapport symbolique à l’espace genré. © Électre 2024
À la Bpi, 911.11 ZWE
Ceci n'est pas un atlas. La cartographie comme outil de luttes, 21 exemples à travers le monde
Kollektiv Orangotango+
Éditions du commun, 2023
Traduction et coordination de l’édition française : Nepthys Zwer
A la différence de la cartographie traditionnelle, la contre-cartographie rend compte des inégalités de conditions de vie et de droits, de la destruction des habitats par l’agro-industrie et l’industrie extractive, de la monopolisation des terres, entre autres. 21 exemples démontrent combien la cartographie critique peut être un outil de lutte et de mobilisation. © Électre 2023
À la Bpi, 911.11 CEC
Cartographie radicale. Explorations
Philippe Rekacewicz et Nepthys Zwer
La Découverte, 2021
Réflexion en vue d’élaborer une science cartographique critique, radicale ou expérimentale, qui pourrait prolonger la cartographie conventionnelle, tout en assumant sa nature subjective, au sens où les images cartographiques ne représentent que des interprétations du réel. Les auteur·rices opposent des cartes pouvant servir la contestation ou la résistance à celles qui dépendent des pouvoirs en place. © Électre 2021
À la Bpi, 911.11 ZWE
L’Ingénierie sociale d’Otto Neurath
Nepthys Zwer
Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2018
Cet ouvrage est novateur à plus d’un titre. Il s’agit de la première étude en langue française consacrée à l’œuvre et aux théories de l’économiste autrichien Otto Neurath (1882-1945), également philosophe du Cercle de Vienne et concepteur du système graphique d’information Isotype. L’autrice présente la notion d’ingénierie sociale en tant que concept et dans ses manifestations historiques et la situe dans le champ de l’histoire des idées politiques et des théories d’économie politique de la première moitié du 20e siècle. L’analyse porte notamment sur les projets de planification économique de l’entre-deux-guerres en Europe, la révolution allemande de 1918-1919, l’austromarxisme et le sionisme allemand en Palestine.
Nepthys Zwer a soutenu sa thèse en études germaniques à l’Université de Strasbourg.
Les références de Nepthys Zwer dans les collections de la Bpi
Des hiéroglyphiques à l'isotype. Une autobiographie visuelle
Otto Neurath
Éditions B42, 2018
L’autobiographie du philosophe, sociologue et économiste autrichien, qui fut le fondateur du langage universel visant à transformer une information en formes visuelles, l’Isotype. Il fut un pionnier dans la théorisation de l’éducation par l’image. Il explique de quelle façon les documents visuels ont façonné sa vie. © Électre 2018
À la Bpi, 676.4 NEU
Les Subalternes peuvent-elles parler ?
Gayatri Chakravorty Spivak
Éditions Amsterdam, 2020
Dans le cadre d’un dialogue critique avec Michel Foucault, Gilles Deleuze et la tradition marxiste, G.C. Spivak articule le concept de subalterne (à ne pas confondre avec les notions de minoritaire ou d’opprimé) et s’interroge sur les femmes subalternes du tiers monde, l’unification des subalternes au sein d’une communauté. © Électre 2020
À la Bpi, 300.1 SPI
Géographie de la domination
David Harvey, David
Les Prairies ordinaires, 2008
Analyse des formes géopolitiques du capitalisme et des contradictions spatiales générées par le néolibéralisme actuel. Caractérise la période postmoderne comme une accumulation par expropriation, une reconquête territoriale dont le géographe défend la nécessité.
À la Bpi, 913.4 HAR
Les Savoirs situés de Sandra Harding et Donna Haraway. Science et épistémologies féministes
Maria Puig de La Bellacasa
L'Harmattan, 2014
Étude parallèle sur les travaux des deux autrices féministes à propos du statut épistémologique donné à l’expérience des femmes, la critique de l’objectivité dans les sciences et les technosciences contemporaines, leur approche des mondes « non humains ». © Électre 2014
À la Bpi, 300.11 PUI
Le Sexe du savoir
Michèle Le Dœuff
ENS Éditions, 2023
Y a-t-il un problème entre les femmes et les sciences, voire entre les femmes et le fait de savoir en général ? Non, bien sûr que non. Et pourtant, la rumeur continue à circuler en boucles paresseuses, la misogynie des doctes n’a pas désarmé, l’égalité est loin d’être là et des énoncés assurant que les vraies femmes sont illettrées continuent d’être publiés. Michèle Le Dœuff entraîne lectrices et lecteurs dans des fouilles archéologiques visant à retrouver l’origine enfouie de réflexes toujours contemporains, dont l’ampleur reste à mesurer : existe-t-il un lien entre la méconnaissance des rapports sociaux entre les sexes, les mécanismes subtils ou grossiers mis en œuvre par les institutions intellectuelles pour maintenir en leur sein autant de domination masculine qu’elles peuvent et le mode de constitution des savoirs que l’école diffuse ou ne diffuse pas ? Un parcours savant et caustique en compagnie de Platon, Christine de Pisan, Thomas More, Gabrielle Suchon, Bacon, John Stuart Mill, Harriet Taylor… Ou comment, sortant des sentiers battus, il paraît nécessaire de réinventer certaines questions : pourquoi la culture est-elle supposée diminuer le sex appeal ? Pourquoi y a-t-il des choses que bien des hommes ne veulent pas comprendre ? Et comment l’intuition est-elle venue aux femmes ? Dans cette nouvelle édition du Sexe du savoir, une postface de Léa Védie resitue l’œuvre de Michèle Le Dœuff dans le débat transatlantique concernant les femmes, la philosophie et les sciences. [Résumé de l’éditeur]
À la Bpi, 5.3 LED
Le Pouvoir des cartes. Brian Harley et la cartographie
Peter Gould
Anthropos, 1995
Brian Harley, cartographe de renom, né en 1932, a publié plus de 140 articles et 28 ouvrages originaux avant sa disparition brutale en 1991. Par ses perspectives nouvelles sur la construction et l’interprétation des cartes, il nous fait découvrir le pouvoir des cartes en tant que textes graphiques et les dimensions cachées de leur création.
À la Bpi, 911.11 POU
Sémiologie graphique. Les diagrammes, les réseaux, les cartes
Jacques Bertin
Editions de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), 2005
Véritable traité de traduction graphique, cet ouvrage explique dans quel cas il est nécessaire de faire un dessin et quel dessin il faut faire, en définissant les fonctions de l’image (inventaire, instrument de traitement de l’information, message) et les propriétés spécifiques de la représentation graphique. Reprise de la 3e édition augmentée parue en 1998.
À la Bpi, 911.1 BER
La Géographie. Sentinelles des mouvements du monde
Laura Péaud
Le Cavalier bleu éditions, 2025
Un panorama de 18 géographes qui ont marqué de leur empreinte et qui ont œuvré à faire évoluer la discipline : Élisée Reclus, David Harvey, Patricia Noxolo ou encore Doreen Massey.
À la Bpi, 911 PEA
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