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Appartient au dossier : Observez la biodiversité avec les sciences participatives

Observez la biodiversité #3 : en ville
Les lichens

Il en existe plus de 20 000 espèces recensées, ils sont présents partout et restent pourtant invisibles aux yeux du plus grand nombre : les lichens constituent une cible de choix pour la biosurveillance et les sciences participatives. Le programme Lichen Go fait de l’observation de ces micro-organismes l’enjeu d’une étude participative sur la qualité de l’air.

Les projets scientifiques qui s’intéressent à la biodiversité s’appuient sur l’inventaire du vivant. Face à l’ampleur la tâche, les scientifiques multiplient les projets de sciences participatives et font appel aux particuliers pour les aider à collecter des données. Balises vous présente un nouveau projet par semaine sur différents milieux.

Leoleobobeo via pixabay

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Lichen Go a été développé par PartiCitaE, l’observatoire urbain de Sorbonne Université, en partenariat avec Tela Botanica, le réseau des botanistes francophones. PartiCitaE est un dispositif global de connaissance de l’environnement urbain qui facilite l’implication de tous à chacune des étapes des projets scientifiques, et pas uniquement à la collecte de données. Dans une enquête sur les préoccupations des citadins réalisée par PartiCitaE, la qualité de l’air en ville a été majoritairement citée. C’est ainsi que le programme Lichen Go a été lancé, avec le double objectif de mieux connaître ces organismes, encore peu étudiés en ville, et d’analyser leur sensibilité à la pollution atmosphérique.

Le lichen, bio-indicateur idéal

Classé jusqu’au 19e siècle dans la catégorie des mousses et encore mal connu aujourd’hui (une centaine de nouvelles espèces est découverte chaque année), le lichen est un organisme très résistant aux conditions hostiles comme les températures extrêmes ou les sécheresses intenses. Il a la particularité d’être constitué d’une algue et d’un champignon vivant en symbiose : le champignon permet à l’algue de se fixer sur un support et la protège des agressions extérieures et l’algue apporte des nutriments au champignon.

S’il en existe plus de 20 000 espèces recensées, seule une quarantaine est identifiée en ville. Les lichens sont particulièrement sensibles à la pollution et réagissent différemment selon les espèces, ce qui en fait d’excellents bio-indicateurs de la qualité de l’air, sans qu’il soit nécessaire de les prélever.

Le dispositif d’observation de Lichen Go

Les scientifiques du programme Lichen Go ont commencé par élaborer une clé d’identification pour reconnaître les différentes espèces. Parmi les espèces présentes en ville, on recense trois grands types : les crustacés, incrustés dans l’écorce (les plus tolérants à la pollution), les foliacés, sous forme de lames avec des petits lobes qui s’écartent un peu du support (plus ou moins tolérants à la pollution) et les fruticuleux, formant des filaments et fixés à l’écorce par un unique point (les plus sensibles à la pollution et donc plus rares en ville).

Ces grandes familles permettent déjà de dresser des constats : si l’on observe peu de diversité et uniquement des lichens crustacés par exemple, il y a de fortes chances que l’air soit pollué.

Le dispositif mis à disposition du public est simple. Il suffit de choisir au moins trois arbres isolés, espacés de 2 à 10 mètres et de délimiter la zone d’observation avec une grille de cinq carrés, dont le gabarit est fourni par Lichen Go que l’on appose sur l’arbre choisi. Il ne reste plus qu’à comparer les espèces observées avec la clé d’identification, indiquer les données sur une fiche de terrain pour les saisir ensuite sur le site de Lichen Go.

L’open source et la communauté au cœur des sciences participatives

En plus de ces outils pratiques d’observation et de collecte de données, le dispositif est soutenu par une communauté active. Il existe des groupes WhatsApp d’entraide régionaux, des formations pour les enseignants, un forum, des quiz, des Webinaires, etc.

Toutes les données collectées sont en libre accès sous licence Creative Commons. Le maire d’une commune ou un habitant peut donc télécharger et exploiter les données de son territoire, à une échelle très fine, car les lichens réagissent à des phénomènes de proximité immédiate.

De plus, il est possible de déterminer non seulement la qualité de l’air globale mais aussi le type de pollution : la prolifération de certaines espèces est favorisée par la présence d’azote, par exemple ; leur présence indique donc une pollution liée à la circulation ou au chauffage urbain. 

Les arbres, territoire d’observation infini

L’observation des arbres permet d’en apprendre beaucoup sur l’environnement urbain. Lichen Go fait en effet partie d’un ensemble de projets regroupés sous le nom « Auprès de mon arbre ». Créé par Tela Botanica, Sorbonne Université et le Muséum d’histoire naturelle en réponse à un appel à projet du Ministère de la transition écologique en 2017, « Auprès de mon arbre » fédère cinq projets, en plus de Lichen Go :

  • sTREETs, qui invite à observer la flore au pied des arbres pour comprendre quelles plantes poussent depuis que les herbicides ont été interdits sur la voie publique et comment elles se propagent d’arbre en arbre ;
  • l’Inventaire des arbres têtards en Isère, patrimoine naturel et culturel dont l’état se dégrade, faute d’entretien ;
  • l’Inventaire des arbres remarquables pour leur âge, leur taille, leur histoire ou pour des critères biologiques ;
  • l’Observatoire des saisons, centre de ressources et de formation réalisé par Tela Botanica pour comprendre l’impact des changements climatiques sur les écosystèmes ;
  • Phénoclim, programme d’observation de la faune et la flore en montagne pour mesurer l’impact des changements climatiques.

Publié le 15/03/2021 - CC BY-NC-SA 4.0

Pour aller plus loin

Guide des lichens de France : lichens des arbres

Chantal Delzenne-Van Haluwyn
Belin, 2013

Un guide d’identification de cent espèces de lichens présentes en France, décrites et photographiées.

À la Bpi, niveau 2, 584 VAN

Les Lichens bio-indicateurs : les reconnaître, évaluer la qualité de l'air

Ulrich Kirschbaum
Ed. Ulmer, 1997

Ce livre est à la fois : un guide méthodologique pour évaluer la qualité de l’air avec ces lichens (bio-indication) ; un guide d’identification des soixante lichens corticoles les plus fréquents, qui sont utilisés pour cette évaluation ; une clé de détermination pour identifier un total de cent-vingt espèces. (Résumé de l’éditeur)

À la Bpi, niveau 2, 584 KIR 

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