Portrait

Appartient au dossier : Planète Manga : Guide de voyage

Osamu Tezuka, le « Dieu du Manga »

Littérature et BD

Portrait de Osamu Tezuka
Osamu Tezuka, domaine public, wikimedia

On l’appelle le « Dieu du manga », on dit qu’il est le Walt Disney, le Hergé japonais…

Osamu Tezuka est né en 1928 dans la préfecture d’Osaka. Il découvre très jeune le cinéma de Walt Disney qui le marque durablement, il suit ensuite des études de médecine tout en commençant très tôt à publier ses dessins.

À 19 ans, il connaît son premier grand succès avec La Nouvelle île au trésor. Ce sont près de 700 œuvres qui suivront sans discontinuer, dans lesquelles Tezuka invente les codes qui vont désormais définir le manga : une mise en page à la fois dynamique et parfaitement lisible, un dessin noir et blanc sobre et expressif, et des procédés graphiques rappelant le cinéma.

Dans ses histoires, il oppose régulièrement un monde cruel à des personnages héroïques et humanistes, comme Astro, l’enfant robot, ou BlackJack, le médecin à gages. Il s’inspire du Metropolis de Fritz Lang dans son manga éponyme, adapte Dostoïevski, ou bien raconte la vie du Bouddha.

Dans les années 60, son hégémonie est contestée par une génération d’auteurs qui jugent sont style trop enfantin et conformiste. D’abord réticent, Tezuka finira par intégrer les thématiques pessimistes du gekiga dans ses œuvres plus sombres des années 70 et 80, comme L’Histoire des 3 Adolf, Phoenix ou Kirihito.

couverture noir et blanc de La nouvelle île au trésor.
La Nouvelle île au trésor, Osamu Tezuka, 1947.

En 1962, il fonde le studio d’animation Mushi, puis Tezuka Production en 1980. Il réalise des séries animées comme Astro Boy et Le Roi Léo, mais aussi des courts-métrages expérimentaux, comme Jumping. Inquiétés par le succès télévisuel du Roi Léo dans les années 60, les Studio Disney organisent le grand black-out des créations japonaises en occident.

Il faut attendre le tournant des années 80 pour que le public français redécouvre les bande-dessinées de Tezuka dans la revue pionnière Le Cri qui tue. Tezuka disparaît en 1986. Le manga, qu’il a pratiquement inventé, est devenu une véritable industrie. En France, ses nombreuses œuvres inédites sont régulièrement traduites

Publié le 16/04/2012 - CC BY-SA 4.0

Sélection de références

Osamu Tezuka : le Dieu du manga

Helen Mccarthy
Eyrolles, 2009

À tout seigneur, tout honneur… Il est impossible de parler de manga sans évoquer la figure incontestée d’Osamu Tezuka (1928-1989) considéré comme le père du manga moderne. En parallèle de ses études scientifiques, OT crée en 1947 Shin Taharahima, « la Nouvelle île au trésor ». Il va par là même poser les bases du genre. Ce succès immédiat sera suivi de près de 700 œuvres, aussi bien Shonen (Black Jack) que Shojo (Princesse Saphir) ou Gekiga (plus adulte) comme l’Histoire des trois Adolf. Il aura tout essayé, de la nouvelle courte à la saga, de la science fiction (Astro ou Atom en VO) à  la légende (Le Cratère) en passant par les personnages célèbres (Ludwig) avec un souci rare du renouvellement de soi, d’inventivité et de créativité.

Pluto

Naoki Urasawa

Les années 2000 revisitent Tezuka.  Publié entre 2010 et 2011 en France, Pluto est une série de Naoki Urasawa qui revisite ses aventures originales.
Sous sa plume, les personnages rondouillards de Tezuka deviennent des héros de thriller, sombres et torturés. À la fois hommage à Tezuka, déconstruction et mise en perspective de son œuvre, Pluto a été récompensé à la Japan Expo 2010 et au festival d’Angoulême 2011. Naoki Urasawa est l’invité d’honneur de la Japan Expo 2012.

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