Image

Portrait dans le métro, par Walker Evans

Walker Evans (1903-1975) reste l’un des photographes américains les plus importants et les plus influents du 20e siècle. Du 26 avril au 14 août 2017, le Centre Pompidou lui consacre sa première grande rétrospective française, en exposant près de 300 photographies. À cette occasion, Balises revient sur une œuvre, qui, du début des années 1920 à la fin des années 1970, sut documenter avec force et réalisme l’Amérique moderne.

Portrait d'une femme dans le métro
Subway Portrait, Janvier 1941, Epreuve gélatino-argentique 20,9 x 19,1 cm, National Gallery of Art, Washington Gift of Kent and Marcia Minichiello, in Honor of the 50th Anniversary of the National Gallery of Art © Walker Evans Archive, The Metropolitan Museum of Art, Photo : National Gallery of Art, Washington

En 1938, Walker Evans commence à photographier des anonymes dans le métro new-yorkais. Pour saisir leurs portraits au plus juste, il sait qu’il doit travailler instinctivement, à l’insu des voyageurs. Il choisit donc de rompre l’interaction entre le photographe et son sujet. Pour pouvoir travailler sans être vu, il dissimule son appareil dans ses vêtements, laissant apparaître l’objectif à la place d’un bouton de son manteau. Le bruit du déclencheur est ensuite couvert par celui du métro. Dans ce décor noir et blanc toujours semblable, il capture le quotidien mécanique des gens ordinaires, dont les visages disent tour à tour la lassitude, l’ennui ou la rêverie. Au fond, ces hommes et ces femmes sont comme les métayers du Sud : ils sont lancés à toute vitesse dans une société en pleine mutation. Walker Evans les photographie dans l’exigence de ce qu’ils sont. Son Amérique humaine et anonyme trouvera notamment écho chez Robert Frank ou Diane Arbus.

Publié le 03/05/2017 - CC BY-SA 3.0 FR

Sélection de références

Walker Evans : catalogue d'exposition

Chéroux, Clément
Ed. du Centre Pompidou, 2017

Le catalogue de l’exposition présentée au Centre Pompidou met en évidence la fascination de Walker Evans pour certains sujets typiquement américains comme les baraques des bords de routes, les devantures de magasins ou les visages des anonymes. Cette approche de l’œuvre d’Evans permet de mieux comprendre ce qui en constitue le noyau dur : la recherche passionnée des caractéristiques fondamentales de la culture vernaculaire américaine.

À la Bpi, niveau 3, AR BUR EXP

Walker Evans : la soif du regard

Walker Evans : la soif du regard

Hill, John T., Mora, Gilles
Seuil, 1993

Ce livre retrace, en 400 reproductions, l’œuvre photographique de Walker Evans, l’un des plus grands photographes américains.

À la Bpi, niveau 3, 770 EVAN.W

Walker Evans

Sante, Luc
Phaidon, 2001

Cette collection présente le travail de Walker Evans à travers 55 œuvres clés, choisies parmi les plus emblématiques du photographe.

À la Bpi, niveau 3, 770 EVAN.W

Walker Evans

Mora, Gilles
Actes Sud, 2014

Walker Evans a photographié l’Amérique de la dépression avec un constant souci d’objectivité, dans une sorte de neutralité documentaire. Son travail la plasticité des images, l’extrême attention qu’il porte aux êtres et aux choses ont marqué toute une génération d’artistes et l’ont installé au tout premier plan de l’histoire de la photographie.

À la Bpi, niveau 3, 770 EVAN.W

Rédiger un commentaire

Les champs signalés avec une étoile (*) sont obligatoires

Réagissez sur le sujet