Brève

53 % des auteurs de BD gagnent moins que le SMIC

En France, la bande dessinée se porte très bien. Le lectorat est nombreux et les ventes d’albums sont en augmentation constante. La bonne santé économique du secteur de la bande dessinée ne reflète malheureusement pas celle des auteurs.

Un lecteur feuillette une bande dessinée
Photo de Miika Laaksonen sur Unsplash – CC0

Une BD en bonne santé

Selon l’institut GfK, 53,1 millions albums de bande dessinée se sont vendus en 2020.  Ces chiffres sont en augmentation constante depuis 2016. Désormais la bande dessinée représente 18 % des livres vendus en France, soit presque 1 sur 5. Le nombre de titres disponibles s’est aussi très fortement étoffé : 800 titres de BD paraissaient chaque année au tournant des années deux-mille, aujourd’hui ce sont 5 000 titres qui sont publiés annuellement…

Des auteurs en difficultés

Les ventes sont très variables selon les titres proposés et il existe de grandes disparités entre les séries célèbres (Astérix, XIII, Blake et Mortimer, etc.) et des romans graphiques ou albums plus confidentiels qui ne connaissent que des ventes limitées, et ne permettent pas toujours à leurs auteurs de vivre correctement. L’augmentation de la production se traduit donc par un marché beaucoup plus concurrentiel et par une érosion des revenus des auteurs. Ceux-ci appellent à un rééquilibrage des revenus entre auteurs et éditeurs. 

Les droits d’auteurs s’élèvent en moyenne à 8 % du prix de l’album, à répartir entre dessinateur, scénariste et coloriste. Les auteurs perçoivent le plus souvent des avances forfaitaires sur droits, versés en amont de la publication et l’éditeur se rembourse sur les ventes. Le versement complémentaire des droits est versé une fois l’avance remboursée, ce qui suppose un grand nombre d’albums vendus. Par ailleurs, les auteurs s’inquiètent d’une hausse de leurs charges, comme les cotisations retraites qui ont augmenté en 2016.

Un ras-le-bol persistant

La précarité des auteurs de bande dessinée a été révélée par une enquête des États généraux de la bande dessinée, conduite en 2015, sur la base de 1 500 réponses à un questionnaire. L’enquête révèle que 53 % des auteurs gagnent moins que le SMIC annuel brut, et 36 % d’entre eux se trouvent même sous le seuil de pauvreté. 71 % des auteurs qui ont répondu au questionnaire sont donc dans l’obligation d’avoir un emploi parallèle à celui d’auteur de bande dessinée. 

En 2020, année de la bande dessinée, les auteurs avaient fait part de leurs revendications, en attendant la sortie du rapport Racine qui proposait des pistes pour améliorer la situation des 270 000 artistes-auteurs, dont font partie les auteurs de BD. Un an plus tard, il s’avère que le rapport peine à déboucher sur une amélioration concrète du sort des artistes-auteurs. 650 dessinateurs et scénaristes de BD ont appelé par conséquent au boycott de l’édition 2021 du festival d’Angoulême. 

Publié le 10/05/2021 - CC BY-SA 4.0

EGBD | Les États généraux de la bande Dessinée

Les États généraux réunissent tous les acteurs de la bande dessinée pour établir un état des lieux et tenter de construire un avenir meilleur pour tous.

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