Infographie

Quel bilan carbone pour le secteur du bâtiment ?

Le secteur du bâtiment doit accélérer sa décarbonation pour devenir presque neutre en émission de CO2 d’ici 2050. Cet objectif concerne toutes les étapes de la vie d’un bâtiment, de sa construction à sa démolition, en passant par son usage. Balises propose quelques repères sur les émissions de gaz à effet de serre de ce secteur, alors que les enjeux climatiques et sociaux de la rénovation énergétique des bâtiments sont au cœur du « Rendez-vous climat » organisé par la Bpi en décembre 2023.

L'empreinte d'un ou d'une Française est de 8,9 tonnes de carbone équivalent  alors que le Giec recommande 1,6 à 2,8 pour chaque Terrien. Le logement représente 1,6 t dans l'empreinte carbone d'un Français, soit 18 % de celle-ci. Le reste des postes : 1, 6 t pour les services sociétaux, 2,05 t pour l'alimentation, 2,23 t pour les transports, et 1,4 t pour les biens divers.
L’équivalent CO2 est une unité de mesure qui permet de comparer les impacts des différents gaz à effet de serre. Le CO2 sert d’étalon de mesure.

Le texte de l'infographie Empreinte carbone d'un·e Français·e en 2021

  • L’empreinte d’un·e Français·e est de 8,9 tonnes de carbone équivalent en 2021 (Données ministère de l’Écologie), alors que le GIEC recommande une empreinte carbone de 1,6Và 2,8 t pour chaque Terrien·ne.
  • Le logement représente, en 2021, environ 1,6 t de l’empreinte carbone d’un·e Français·e, soit 18 % de celle-ci. Le reste est réparti entre quatre autres secteurs, comme suit : 2,23 t pour les transports ; 2,05 t pour l’alimentation ; 1,6 t pour les services sociétaux ; 1,42 t pour les biens divers.
    (Données Ademe)

Des objectifs fixés dans la stratégie nationale bas-carbone

La stratégie nationale bas-carbone (SNBC) de la France établit des plafonds d’émission de gaz à effet de serre (GES) par secteurs d’activité et à l’échelle nationale. Les secteurs concernés par ces budgets carbone, exprimés en millions de tonnes de CO2 équivalent (MtCO2e) à atteindre sur une période de 5 ans, sont : le bâtiment, les transports (hors transport aérien domestique), la production d’énergie, l’agriculture, l’industrie et les déchets.

Le document fixe une réduction de 48 % des émissions du secteur des bâtiments à l’horizon 2030 par rapport à 2015 et la décarbonation quasi complète à l’horizon 2050. En 2022, le Haut Conseil pour le climat (HCC) juge que « la baisse est bien établie et structurelle » dans le secteur du bâtiment. Une réduction de 1,9 MtCO2e par an a été réalisée dans le cadre du budget carbone 2015-2018. Mais comme seulement 0,2 MtCO2e par an a été économisé concernant celui de 2019-2021, l’objectif sur la période 2022-2030 serait d’atteindre une réduction d’au moins 3 ou 4 MtCO2e pour garder le cap. Une nouvelle version de la SNBC, la troisième, est en préparation. Les budgets carbone seront ajustés en fonction de l’évolution des réglementations nationales, européennes et internationales, ainsi que des résultats de la décarbonation entamée.

Le bâtiment, un vaste secteur

Le budget carbone fixé pour le bâtiment concerne les deux premiers périmètres normés (ou scopes) du bilan carbone du secteur : les émissions directes, issues de combustibles fossiles (scope 1) et les émissions indirectes issues de la consommation d’électricité et des réseaux de chaleur/froid (scope 2), ce qui correspond à l’usage des bâtiments résidentiels, tertiaires et publics. Les autres activités, classées en scope 3, comme les émissions liées à la construction, la rénovation et la destruction, se retrouvent dans d’autres budgets, ceux de l’industrie et la production d’énergie notamment. Il n’est donc pas aisé de mesurer les efforts à réaliser par l’ensemble de la filière bâtiment, notamment parce que les leviers de décarbonation identifiés en scope 1 et 2 ne concernent pas uniquement les professionnels du bâtiment et sont sensibles au climat : une météo clémente l’hiver peut produire de bons résultats, mais qui ne reflètent pas la réalité des actions entreprises.

Le texte de l'infographie est résumé sous cette dernière.

Le texte de l'infographie Bâtiment et construction dans l'empreinte carbone

  • Le secteur du bâtiment est le troisième poste de gaz à effet de serre (GES) en France.
    (Données Insee, 2022).
  • Il est à l’origine de 23 % des émissions de GES en France (Données ministère de l’Écologie, 2021) et de 43 % des consommations énergétiques annuelles françaises.
    (Données ministère de l’Écologie, 2021)
  • « En 2019, la construction d’un nouveau bâtiment était responsable d’environ 60 % de l’empreinte carbone du secteur. »
    (Données Association pour le développement du bâtiment bas-carbone, 2020)
  • Le secteur du bâtiment utilise 51 Mt de matériaux par an.
    (Données Ademe, Rapport Transition 2050)
  • Il produit 213 Mt de déchets de construction par an.
    (Données Ademe, Enquête collecte 2019, 2020)
  • Le secteur du bâtiment contribue à l’artificialisation des terres.
    En 1981, on dénombrait 3 millions d’hectares de terres artificialisées, soit 5,4 % du territoire français contre 5 millions d’hectares en 2012, soit 9,1 % du territoire français, pour un usage d’habitat (42 %), d’infrastructures de transports (28 %), de services et de loisirs (16 %). En 2030, il y aurait 280 000 hectares de terres artificialisées supplémentaires.
    (Données Vie publique, 2023)

Le texte de l'infographie est résumé sous cette dernière.

Texte de l'infographie Constats sur le parc immobilier métropolitain

Partie Le parc immobilier métropolitain

Le parc immobilier est composé de bâtiments à usage tertiaire et de bâtiments résidentiels.

  • Le parc des bâtiments à usage tertiaire comprend plus de 40 % de bâtiments publics. Sa surface représente 973,4 millions de m². Les bâtiments à usage tertiaire utilisent 1/3 de la consommation d’énergie du secteur du bâtiment (Données Ademe, 2018)
  • Le parc résidentiel est composé de 35,4 millions de logements en 2018, dont 19,7 millions de logements individuels et 15,7 millions de logements collectifs. Le parc de logements métropolitain s’accroît de 1,1 % par an en moyenne. (Données Insee, 2018)

Les émissions concernant les usages des bâtiments sont estimées à :

  • 27,8 Mt CO2e d’émissions en 2021 (Données Citepa, 2022) et 22,8 Mt CO2e pour le chauffage, climatisation eau chaude sanitaire et cuisson des bâtiments du tertiaire. (Données Citepa, 2022)
  • 47,3 Mt CO2e d’émissions en 2021 (Données Citepa, 2022) et 43,4  Mt CO2e pour le chauffage, climatisation eau chaude sanitaire et cuisson des bâtiments résidentiels. (Données Citepa, 2022)

Partie Un vaste chantier de rénovation

  • 17 % des résidences principales sont qualifiées de « passoires thermiques » (DPE F et G) et 32 % des résidences secondaires.
    (Données Ademe, données collectées sur la période de décembre 2021 à mars 2022)
  • Répartition des résidences principales selon leur diagnostic de performance énergétique (DPE) : 2 % des résidences en DPE A, 3 % en B, 24 % en C, 32 % en D, 22 % en E, 7 % en E et 10 % en F.
  • 33,4 % des bâtiments construits avant 1948 sont des « passoires thermiques », 25,6 % de ceux contruits en 1949-1974, 10,6 % de ceux construits en 1975-1988, 3 % de ceux contruits en 1989-2000, 1 % de ceux construits en 2001-2005 et 0,5 % de ceux contruits en 2006-2012 comme pour ceux construits en 2013-2021.
    (Données Efficacité des politiques publiques en matière de rénovation énergétique, par le Sénat, 2023)
  • 80 % des logements ont été construits avant 2000 et sont à rénover.
    (Données Neutralité et logement, par Pouget Consultants et Carbone 4, 2020)
  • 68 % du parc tertiaire est assujetti au dispositif Éco Énergie Tertiaire (EET) dont l’objectif est de baisser de 60 % la consommation d’énergie d’ici à 2050.

Publié le 27/11/2023 - CC BY-SA 4.0

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