0   Commentaires
Publié le

Silent Hill, effroyable quête au cœur du morbide

Harry Mason de dos, à côté d'un distributeur de journaux sur lequel est écrit Bill Skins Fifth
Silent Hill, Keiichiro Toyama @ Konami,1999
Silent Hill est un jeu de survival horror, un genre inspiré des films d’horreur. Truffé de références à la littérature et au cinéma, il met en scène un écrivain qui part à la recherche de sa fille dans une ville sinistrée et terriblement dangereuse. 
En écho au festival Press Start 2019 organisé par la Bpi, Balises vous propose chaque semaine de septembre de découvrir un jeu vidéo qui joue avec les codes et les univers cinématographiques.
 
Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Développé en 1999 par le Japonais Keiichiro Toyama et son équipe, la Team Silent, le jeu est publié par la société Konami pour PlayStation. Il met en scène Harry Mason, un écrivain qui élève seul sa fille adoptive de sept ans, Cheryl, depuis le décès de sa femme. Sur la route pour rejoindre Silent Hill, une station balnéaire fictive située dans l’État du Maine, Harry et Cheryl sont victimes d’un accident de voiture lors duquel Harry perd connaissance. À son réveil, la petite fille a disparu. Le joueur se glisse alors dans la peau de l’écrivain et sillonne la ville déserte et brumeuse pour retrouver Cheryl. Il lui faudra résoudre des énigmes et combattre des monstres redoutables pour y parvenir.
Silent Hill reprend les codes des films d’horreur américains depuis les années soixante-dix. L’aspect psychologique est fortement développé et installe le joueur dans une ambiance pesante, mystérieuse et angoissante. Il croise des créatures terrifiantes — démons, zombies, chiens mutants —, des personnages aux pratiques mystiques, dans un décor morbide. L’ambiance sonore imaginée par Akira Yamaoka renforce le malaise. Un bourdonnement assourdissant persiste et une radio grésille à l’approche d’un danger…

L’influence de Stephen King...

L’auteur américain, considéré comme un maître de l’horreur et du fantastique, est omniprésent dans le jeu par le biais de nombreuses références.
Silent Hill est située dans le Maine, l’État de résidence de Stephen King. La brume permanente qui enveloppe la ville rappelle Brume (1995), une nouvelle dans laquelle des créatures meurtrières apparaissent en même temps que le brouillard. Harry, lui-même écrivain, parcourt Bachman Road, qui renvoie au pseudonyme, Richard Bachman, utilisé par Stephen King pour publier plusieurs romans. Enfin, des clins d’œil à l’auteur sont dispersés dans le jeu comme cette affiche sur laquelle est inscrit « Pet Sematary » qui renvoie au roman paru en 1983 et adapté au cinéma en 1989, puis en 2019.

... et des autres

De nombreux livres et films d’horreur sont évoqués : la une d’un journal indiquant « Bill Skins Fifth » est une référence à Buffalo Bill, le tueur du Silence des agneaux de Thomas Harris (1988) et adapté à l’écran par Jonathan Demme (1997) ; le cinéma de la ville s’appelle le Metropol, comme celui dans Démons (1985), réalisé par Dario Argento ; la devanture d’une boutique est similaire à celle de La Petite Boutique des horreurs (1986) de Frank Oz...
Les rues de Silent Hill portent des noms d'auteurs de littérature d’horreur dont les romans ont presque toujours été adaptés en films : Ellroy Street pour James Ellroy (Le Dahlia noir, L.A. Confidential), Levin Street pour Ira Levin (Rosemary’s Baby), ou encore Bloch Street pour Robert Bloch (Psycho)...
Les personnages présentent de fortes ressemblances avec d’autres, issus de films d’horreur : l’infirmière Lisa Garland porte la même tenue que l’infirmière de L’Exorciste (1974) de William Friedkin, et la mystérieuse Alessa Gillepsie est le portrait craché de Florence Tanner, la jeune médium de La Maison des damnés (1973), de John Hough.

L’inspiration directe de L'Échelle de Jacob

L'Échelle de Jacob (1990) d’Adrian Lyne est probablement le film qui a le plus servi à la Team Silent pour construire l’atmosphère angoissante de Silent Hill. Par exemple, la terrible scène de l’hôpital dans laquelle Jacob Singer traverse les couloirs ligoté à un lit roulant a certainement beaucoup inspiré le design de l’hôpital Alchemilla à Silent Hill. On y retrouve entre autres du sang sur les murs, des corps déformés et suspendus, et un univers apocalyptique.

Depuis 1999, le jeu se développe en série. Il existe aujourd’hui huit épisodes, tous plus effrayants les uns que les autres.
Par ailleurs, le réalisateur Christophe Gans a réalisé une adaptation au cinéma en 2006.
 
Auteur :
Captcha: