0   Commentaires
Publié le

Superhot VR, frénésie meurtrière et acrobatique dans la matrice

capture d'écran du jeu
Superhot, visuel presse à disposition sur superhotgame.com
Sorti en février 2016, Superhot est un jeu de tir au gameplay original, sobre mais efficace, qui produit des effets dignes des meilleurs films d’action. La dramaturgie spectaculaire et le rythme soutenu de l'action sont tout aussi efficaces dans la version du jeu déclinée en réalité virtuelle.
En écho au festival Press Start 2019 organisé par la Bpi, Balises vous propose chaque semaine de septembre de découvrir un jeu vidéo qui joue avec les codes et les univers cinématographiques.
Cliquez sur l’image pour agrandir

Superhot est un jeu indépendant de FPS (firts person shooter ou jeu de tir à la première personne) qui se déroule dans un univers futuriste, réalisé par Superhot Team, une équipe de développeurs polonais. Le jeu, initialement conçu pour l’ordinateur, a été décliné pour consoles puis en réalité virtuelle en décembre 2016. Il a été vendu à plus de 80 000 exemplaires en VR (chiffres d’avril 2019), dépassant les ventes sous ses autres formats et devenant l’un des jeux VR les plus populaires. Depuis le 25 avril 2019, la version du jeu en réalité virtuelle disponible dans les salles d'arcade propose un mode « compétition », dans lequel les joueurs tentent de terminer le jeu en un temps record.

Des références à Matrix

Si la sobriété des décors, d’un blanc clinique rehaussé d’ombres discrètes, et la présence d’humanoïdes stylisés font penser aux films de science-fiction par leur côté épuré, le scénario s’inspire fortement de celui de Matrix, le film des Wachowski (1999). Il marie informatique, univers hostiles et décalage entre mondes réel et imaginaire. Dès le lancement du jeu, une interface au graphisme informatique  inspiré des années quatre-vingt-dix et conçue comme un espace de dialogue s'ouvre. Une entité virtuelle invite le protagoniste qu'incarne le joueur à télécharger un version piratée de Superhot et l'avertit des risques du jeu. D'autres interfaces apparaissent régulièrement. Elles introduisent la narration et ponctuent le passage des trente-quatre niveaux du jeu, délivrant des informations qui brouillent les niveaux de réalité dans lesquels le protagoniste évolue. 

Ensuite, le joueur est introduit dans la matrice du jeu et aussitôt assailli par des humanoïdes rouges et armés qu’il faut abattre. La particularité du jeu réside dans la gestion des contrôles mais aussi celle du temps. Chaque geste du personnage a pour conséquence d'accélérer ceux de ses ennemis. Au contraire, lorsque le personnage reste immobile, le temps se suspend. Cela permet au joueur d'appréhender la situation et d'élaborer une stratégie de jeu. Ces pauses dans le jeu évoquent les scènes de bullet time, un procédé cinématographique popularisé par le film Matrix, qui permet de présenter le détail d'une action sous tous ses angles et en ralenti extrême, grâce au montage d'une succession de photographies prises depuis différents endroits d'une scène. Dans le jeu en VR, le joueur évite les balles dont le tracé est visible en changeant de position.

Un film d’action à la John Woo

Dans Superhot, les scènes de combat sont frénétiques. Les humanoïdes rouges effectuent des figures incroyables quand ils sont touchés et explosent en mille morceaux, comme du cristal, avant de disparaître. Ils viennent de tous les côtés, et le joueur assassine à tour de bras, utilisant toutes les armes à sa portée. Il doit souvent recommencer le niveau et mémoriser une série d’actions à répéter pour venir à bout des ennemis. La fluidité du jeu permet de nombreux effets que le joueur peut contempler à chaque fin de niveau dans un petit film qui reprend ses derniers exploits. Cette chorégraphie du combat, le rythme soutenu des scènes d’action et la stylisation des scènes violentes font penser aux films d’actions hongkongais de heroic bloodshed comme ceux de John Woo, dont les scènes de combats sont filmées comme de véritables chorégraphies.
Auteur :
Captcha: