Chronique

Appartient au dossier : Beat Generation La Chambre d’Écho(s)

La Chambre d’Echo(s) #7 : Beat Generation, de Dylan au glitch
Poésies sonores

En écho à l’exposition Beat Generation du Centre Pompidou (du 22 juin au 3 octobre 2016), Balises vous invite à découvrir l’inspiration Beat à travers quelques extraits musicaux choisis.

Mouvement littéraire en partie inspiré par le jazz et le rock dans les années cinquante et soixante, l’influence des Beats traverse depuis nombre d’expériences musicales et sonores, des plus souterraines aux plus fameuses.

Bob Dylan, Patti Smith, Sonic Youth ont popularisé le souffle Beat, sa mythologie et ses valeurs. Les cultures pop underground, elles, ont réactivé les tactiques de la guerilla sensible initiée par Burroughs et Gysin cut-up (agencement aléatoire de fragments textuels), samples, glitch (utilisation de sons parasites), propagation…

Voici l’illustration musicale de l’influence des Beats.

Si la relation des Beats avec la musique vous intéresse,  poursuivez cette découverte en assistant à la rencontre la Chambre d’Echos du 17 septembre ou au concert : What’s up ? Femmes poètes de la Beat Generation (lundi 26 septembre). 

Publié le 01/09/2016 - CC BY-SA 3.0 FR

Sélection de références

Now's the time

Now's the time

The Quartet of Charlie Parker
Verve Records, 1957

Pour la jeunesse de l’après-guerre, et la Beat Generation en particulier, la musique jouée dans les clubs de Harlem par Charlie Parker et ses partenaires (citoyens de seconde zone dans la société états-unienne d’alors) est un modèle de subversion. Plus que l’avant-garde (connotée intellectuellement, et d’extraction “européenne”) le jazz be-bop mobilise en effet déjà toutes les valeurs de la contre-culture à venir : à la fois “cool” et sans concessions, radical et violemment attractif.

Now’s the time, malgré son âpreté (un riff posé sur une grille blues), est devenu un standard.

Kim, issu des mêmes sessions (avec notamment Max Roach à la batterie), donne le pouls de l’urgence qui mobilise les boppers

À la Bpi, Niveau 3, 780.63 PARK 4
À noter : L’influence de la nouvelle musique noire sur un groupe d’écrivains blancs paraît de prime abord à sens unique. Le Peuple du Blues célèbre essai d’un des rares membres de l’intelligentsia noire proche de la Beat Generation, LeRoi Jones (compagnon et mari de l’écrivaine Hettie Jones), souligne cette insolubilité dès le sous-titre : “La musique noire dans l’Amérique blanche”.

À la Bpi, niveau 3, 780.63 JON

Il faudra attendre l’afro-futurisme et le hip-hop pour englober les visions des Beats dans une histoire culturelle plus large.

Jack Kerouac The Beat Generation

["Blues and Haikus"] The Beat Generation : complete albums

Jack Kerouac
Hoodoo Records, 2016

En 1955, accompagné de Steve Allen au piano, Jack Kerouac rendait hommage à Charlie Parker, récemment disparu.

Jack Kerouac, Charlie Parker (extrait)

Les écrivains que l’on a nommés de la “Beat generation” (avec beaucoup d’amertume et d’imprécisions) ont proclamé hautement leur attachement au jazz. Les héros de Jack Kerouac parlent tout le temps de musiciens de jazz, et Kerouac a placé en tête de son livre de poésie Mexico City blues la note suivante : “Je veux être considéré comme un musicien de jazz qui souffle un long blues dans une jam-session d’un dimanche après-midi. Je prends 242 chorus ; mes idées varient et parfois roulent d’un chorus à l’autre ou du milieu d’un chorus au milieu d’un autre”.

(LeRoi Jones, Le Peuple du Blues)

Si les enregistrements de Kerouac ne remplissent peut-être pas toujours ce programme, ni ne retrouvent le souffle de l’écriture d’On the road, on y trouve un travail sur la place des mots et des sons qui, dans le cas d’American Haikus notamment, évite le piège de l’illustration en recourant à une alternance limpide de phrases vocales et jouées aux saxophones par Al Cohn et Zoot Sims.

Jack Kerouac, American Haikus (extrait)
A la Bpi, niveau 3, 821 KERO 3
Allen Ginsberg the Lion For Real

The Lion for Real

Allen Ginsberg
Island, 1989

Pour cet album publié par Island, un label influent (Bob Marley, U2), Allen Ginsberg s’est entouré de la fine fleur de la scène downtown du début des années quatre-vingt : les guitaristes Arto LindsayBill Frisell et Marc Ribot, qu’on peut entendre sur les disques de Tom Waits ou dans les films de Jim Jarmusch ; le bassiste et compositeur Steve Swallow (collaborateur de longue date de Carla Bley…)

Allen Ginsberg, The Lion for Real (extrait)

Sur le morceau qui donne son titre à l’album, la prosodie bien connue du poète, ses inflexions passionnées, se fondent à des compositions et une orchestration taillées sur mesure.

C’mon Jack campe, quant à lui, sur d’explicites lyrics (saupoudrés d’une bonne dose d’ironie), un Allen Ginsberg en rocker crédible.

Allen Ginsberg, C’mon Jack (extrait)

A la Bpi, niveau 3, 821 GINS 3

Musicien, bien sûr, le poète l’est déjà : sur la page ou sur scène, le rythme, les mots suffisent.
Alors pourquoi donc ajouter quoi que ce soit à Howl, monument d’un genre nouveau que Ginsberg a composé pour Carl Solomon ? Tout simplement, peut-être, pour redoubler l’écart comme la proximité, rendre un hommage à l’hommage ? De fait, les parties de cordes composées par Lee Hyla pour le Kronos Quartet en contrepoint de la voix enregistrée de Ginsberg n’empiètent aucunement sur la puissance de celle-ci, mais accentuent son caractère lyrique en soulignant simplement le passage du temps.

Lee Hyla The Kronos Quartet, Howl (extrait)
A la Bpi, niveau 3, 78.1 KRON 4
Bob Dylan  Bringing it all back home

Bringing it all back home

Bob Dylan
Columbia, 1965

Bob Dylan, à travers ses chansons, ses poèmes, son roman Tarantula (à la Bpi, 821 DYLA 4 TA), est sans doute le plus populaire des Beats.

On se rappelle de Bob Dylan et Allen Ginsberg arpentant des rangées de tombes, visitant celles de Kerouac, citant Keats…
Les deux hommes se sont rencontrés, dit-on, chez Harry Smith, artiste Beat et collectionneur d’enregistrements de chansons de travail, de prison, d’amour, etc., devenus mythiques (The Anthology of American Folk Recordings, disponible à la Bpi, 781(73) ANT)

Le proto-vidéo-clip de “Subterranean Homesick Blues” (le premier titre de l’album) filmé par D.A.Pennebaker en ouverture de Don’t Look Back, montre Dylan dans une rue de Londres,  effeuillant une liasse sur laquelle sont écrits, en gros caractères, quelques mots extraits du texte de la chanson, brandis comme des slogans : “Government” ; ” Look Out !” ; “Suckcess”… A l’arrière-plan, un homme à l’allure débonnaire, discute avant de traverser : c’est Allen Ginsberg.

Bob Dylan, Subterranean Homesick Blues (extrait)

A la Bpi, niveau 3, 780.65 DYLA 4

Don’t Look Back, le film de D.A.Pennebaker retraçant la tournée de Dylan en Grande-Bretagne en 1965, est également diponible sur les postes multimédias de la Bpi.

Patti Smith Horses

Horses

Patti Smith
Arista, 1975

L’icône féminine (la plus évidente à renverser les codes d’un genre musical très… genré) du rock new-yorkais des années soixante-dix, punk avant l’heure et beat de toujours, est avant tout une poète francophile, lectrice de Rimbaud, Baudelaire, Whitman (qu’elle arrache à la page pour le déclamer sur scène), voyageuse infatigable, amie de Burroughs et Ginsberg, auxquels elle rendra de multiples hommages tout au long de sa carrière, fantasmant un Tanger qu’elle gagnera pour de bon en 2013 à l’occasion du fameux colloque..

Sur son renversant premier album (Horses), la chanson-fleuve “Land” donne à entendre l’enlèvement de Patti Smith, ou les noces d’une sorte de verbe immémorial avec son dernier et bruyant rejeton – qu’elle finit par dompter.

Patti Smith, Land (extrait)

Sans doute le rock, entre autres vertus, a-t-il permis à Patti Smith de donner une forme plus directe à son inspiration, et confronté les subtilités du sens au contact du son brut.

Régulièrement, pourtant, elle lâche la bride dans la plus pure tradition beat – comme en témoigne par exemple l’enregistrement (en compagnie du guitariste de My Bloody Valentine Kevin Shields) de The Coral Sea, élégie dédiée à l’ami de toujours, le photographe Robert Mappelthorpe.

A la Bpi, niveau 3, 780.65 SMIT 4
Pochette du disque "Heroes"

"Heroes"

David Bowie
Parlophone, 1977

Au milieu du bazar sans fond dans lequel David Bowie puise ses références et ses méthodes, la Beat Generation figure naturellement en bonne place, aux côtés d’autres avant-gardes.

Tôt acquise, la maîtrise absolue du chanteur dans le songwriting pop ne l’a pas empêché de recourir notamment au cut-up, un “Tarot” qui lui permet de faire advenir des situations, des “climats” ou des atmosphères beaucoup plus riches et imprévisibles que la narration classique. Ces méthodes atteindront leur apogée à Berlin où Bowie expérimente, aux côtés de Brian Eno, une forme d’écriture où le constructivisme se conjugue à la spontanéité.

David Bowie, Blackout (extrait)

En 1995, de nouveau épaulé par Eno, Bowie réactivera ces méthodes à travers l’étonnant Outside, journal de bord d’un inquiétant alter ego, Nathan Adler, dont les procédés d’écriture sont pour partie automatiques et séquencés par ordinateur, comme un cut-up cyborg.

A la Bpi, niveau 3, 780.65 BOWI 4
Tom Waits the Black Rider

The Black Rider

Tom Waits
Island, 1993

Tom Waits ne fait jamais rien comme les autres. La décennie quatre-vingt, qui a vu tous ses collègues apparus dans les années soixante-dix s’abîmer dans un néant lisse et clinquant, est synonyme chez lui de grand chambardement. Au lendemain d’une série d’albums qui ont révolutionné la musique populaire américaine (de Swordfishtrombones à Bone Machine), la cabossant pour lui donner du lustre, changeant le sens de tous les conduits pour la faire repartir en pétaradant, il collabore avec Robert Wilson et William S. Burroughs sur une adaptation futuriste et baroque du Freischütz.

 

William S. Burroughs en personne chante sur une des pièces de l’album, ‘t ain’t no sin.

Chanteur Beat parmi les plus populaires après l’intouchable Dylan, Tom Waits avait déjà payé une partie de son tribut en écrivant Jack&Neal (sur Foreign Affairs, un album de torch songs bluesy trempé dans le marc typique de la première période de Tom Waits).

Tom Waits William Burroughs, ‘t ain’t no sin (extrait)

A la Bpi, niveau 3, 780.65 WAIT 4

Sonic Youth Nyc ghosts & flowers

Nyc ghosts & flowers

Sonic Youth
Geffen, 1998

Sonic Youth, Nyc ghosts & flowers (extrait 1)

Véritable “hub” des cultures et contre-cultures pop, de Fluxus à Madonna en passant par Nirvana, le jazz et Brigitte Fontaine, Sonic Youth perpétue une parenté (qu’incarne supérieurement leur idole Patti Smith) entre expérimentation artistique, littéraire, musicale et cultures adolescentes issues du rock.

En 1991, l’avènement du punk et du grunge, parrainé par le quatuor new-yorkais, consacre d’une certaine manière les valeurs bohèmes que la minorité Beat a promu. Il n’est donc pas étonnant qu’outre l’amitié qui lie Sonic Youth à Burroughs notamment, les références aux Beats pullulent dans la discographie du groupe, et celles de ses membres (récemment encore, Thurston Moore accompagnait Anne Waldman dans ses lectures)

En 1998, l’album NYC ghosts & flowers, premier enregistré avec Jim O’Rourke (ce que certaine critique chicagoane ne pardonnera pas..), est un vibrant hommage à cette génération, serti d’une peinture spectrale signée William Burroughs.

Sonic Youth Nyc ghosts & flowers (extrait 2)
À la Bpi, niveau 3, 780.65 SONI 4
Paul D. Miller (aka DJ Spooky) Sound Unbound

Sound Unbound

Paul D. Miller (ed.)
MIT, 2008

Dans Sound Unbound : Sampling Digital Music and Culture, Paul D. Miller (alias DJ Spooky that Subliminal Kiddu nom d’un personnage du récit de Burroughs Nova Express) questionne de nombreux artistes et créateurs sur leurs stratégies de composition, dans le contexte des digital media et de la société de l’information.

Ce livre, déjà remarquable de par les perspectives qu’il ouvre, la qualité et la diversité de ses contributeurs, est accompagné d’un CD dont DJ Spooky est le maître d’oeuvre, véritable long play remix de moments sonores emblématiques du vingtième siècle avant-gardiste, de Duchamp à Burroughs.

L’article “In Through the Out Door”: Sampling and the Creative Act fait directement écho à l’épilogue visionnaire du Ticket qui explosa, “The Invisible generation”, où Burroughs décrit les tactiques de l’art sonore à venir dans la révolution électronique.

William S. Burroughs “The Western Land” (extrait)

À la Bpi, niveau 3, 780.61 SOU

Ou Cinquième saison

Ou? - Cinquième saison

Henri Chopin
Alga Marghen, 2002

″Revue-objet-sonore-visuelle et manipulable à la fois…″, selon le vœu de son fondateur Henri Chopin.

Henri Chopin, Mes Bronches (extrait)

Entre 1965 et 1979, Ou? – Cinquième Saison réunit des textes, des manifestes, des graphiques et des enregistrements (LPs, devenus CDs à l’occasion de la réédition en 2002) des promoteurs et des créateurs (François Dufrêne, Henri Chopin, Bernard Heidsieck, Brion Gysin, William S. Burroughs,…) de cette nouvelle forme d’expression qu’est devenue la poésie sonore, à l’intersection des courants dada, du lettrisme et de la Beat Generation.

Brion Gysin, Permutations (extrait)
À la Bpi, niveau 3, 81-1″19″ O
Polyphonix

Polyphonix

Jean-Jacques Lebel
Léo Scheer, Centre Pompidou, 2003

Une anthologie (live et CD audio) pour célébrer les 40 ans du festival Polyphonix. L’auteur, Jean-Jacques Lebel, traducteur de Ginsberg dès 1957, ami d’Orlovsky et Corso, aujourd’hui commissaire associé de l’exposition Beat Generation au Centre-Pompidou, se souvient :

“C’est en ayant la surprise de lire sur les murs de Paris en mai 1968 de longues citations de mes traductions de Howl, taguées anonymement, que j’ai pris conscience de l’énorme impact que cette poésie avait eu.
Elle s’est envolée de la page imprimée pour se transformer en acte dans le champ social”

Poésie en acte, “poésie directe – poésie sonore – poésie parlée- poésie performance…”
“Mouvement autogéré par les poètes eux-mêmes, fondé par François Dufrêne, Christian Descamps et Jean-Jacques Lebel, Polyphonix diffuse une conviction poétique à l’encontre de toute tentative d’enrégimenter la parole, le corps, donc également leurs chants et leurs images”, écrit Marianne Alphant dans sa préface.

“Ce livre est un manifeste. Nous ne nous sommes pas contentés d’y retracer quelques événements qui ont pu advenir de 1979 à 2002, sur la scène ambulante et variable de Polyphonix. Nous visons l’avenir. Et pas avec n’importe qui” (Jean-Jacques Lebel, 2002).

Pas avec n’importe qui. Voire… L’antholgie sonore jointe au volume comprend des pièces de Julien Blaine, William S. Burroughs, Henri Chopin, François Dufrêne, Allen Ginsberg, John Giorno, Brion Gysin, Bernard Heidsieck, Gherasim Luca, Michèle Métail, Peter Orlovsky… 

A la Bpi, niveau 3, 81-1″19″ POL
Anne James Chaton Andy Moor & Alva Noto Decade

Décade

Anne-James Chaton, Alva Noto, Andy Moor
Presses du Réel, 2012

Un livre-CD d’une pièce sonore.

Les visions de la génération Beat en matière de langage, les expérimentations de la poésie sonore au-delà et en deçà de la page, des mots, annoncent les expérimentations électroniques, industrielles, plunderphoniques. À bien des égards, Throbbing Gristle ou, en France, Déficit des Années Antérieures exécutent purement et simplement le programme viral et contre-viral esquissé dans la révolution électronique de Burroughs.

On ne s’étonnera guère donc de retrouver aujourd’hui sur un même disque Anne-James Chaton (connu pour ses énumérations d'”événements” discrets, d’informations codées, dites d’une voix blanche), Alva Noto (aka Carsten Nicolai, machines, partenaire de Scanner, Blixa Bargeld, Zeitkratzer…) et Andy Moor (guitares, membre de The-Ex), à l’intersection de la poésie sonore, de l’électronica glitch et du punk.

Où comment se dégage, dans une ambiance de bloc opératoire, une certaine forme de vie, vibrante et nue…
À la Bpi, niveau 3, 780.61 CHAT 4
Saul Williams Serge Teyssot Gay Michel Bulteau Ripostes

Ripostes

Michel Bulteau, Saul Williams, Serge Teyssot-Gay
Presses du Réel, 2016

Un livre-disque, quatre textes et les musiques qui ont accompagné leur lecture publique.

Michel Bulteau, musicien (au sein de Mahogany Brain, avec Zéno Bianu), poète proche de Henri Michaux, puis des beats, co-auteur du “Manifeste électrique aux paupières de jupes“, a fait rentrer la musique rock et les drogues – dures toutes les deux – dans les lettres françaises.

Serge Teyssot-Gay est le guitariste d’un des plus importants groupes français de rock (Noir Désir). Il a donc largement contribué à ouvrir celui-ci aux vents de la poésie la plus exigeante.
Il joue désormais aussi bien de la musique improvisée (avec Joëlle Léandre) ou du hardcore (Zone Libre, avec Casey), qu’il répond aux textes d’auteurs (Lydie Salvayre) ou de slammeurs comme Mike Ladd ou Saul Williams.

Serge Teyssot Gay Saul Williams, Children of the Night (extrait)

À la Bpi, niveau 3, 780.61 TEYS 4
What's up : femmes poètes de la beat generation

What's up : femmes poètes de la beat generation

Jean-Marc Montera, Sophie Gonthier, Fanny Paccoud, Ernie Brooks, Ahmad Compaore, Jean-François Pauvros, Noël Akchoté, Lee Ranaldo
In Situ, 2014

” De la Beat Generation, on connaît principalement les auteurs et acteurs masculins, porte-drapeaux d’un mouvement auquel participaient et autour duquel gravitaient pourtant de nombreuses plumes féminines. Elise Cowen, Diane di Prima, Joyce Johnson, Hettie Jones, Leonore Kandel, Eileen Kaufman, Joanne Kyger, Joanna McClure, Nancy  Peters, Janine Pommy Vega, Anne Waldman, Helen Weaver, Ruth Weiss et les autres… Les femmes de la Beat Generation étaient des personnalités hors normes, avec une forte énergie, sensibles, compatissantes, tourmentées, inspirées, intelligentes et de caractère indépendant, avides de rencontres, de liaisons, d’échanges. […]

Jean Marc Montera Sophie Gonthier, Word

Cet album « rock », né de la lecture du livre de Brenda Knight « Women of the Beat Generation », n’a d’autre prétention que de donner une voix, un son à quelques unes d’entre elles : Anne Waldman, ruth weiss, Janine Pommy Vega et Hettie Jones. Le compositeur et guitariste Jean-Marc Montera, issu du rock, spécialiste de l’improvisation libre et de l’expérimentation sonore, s’est entouré pour ce projet de Sophie Gonthier (voix), Fanny Paccoud (alto), Ernie Brooks (basse), Ahmad Compaoré (batterie), Lee Ranaldo, Jean-François Pauvros et Noël Akchoté (guitares).”
(Radio Grenouille,Désexpérimental, novembre 2013)

Jean Marc Montera, Sophie Gonthier, 1967

À la Bpi, niveau 3, 780.61 MONT 4

Steve Dalachinsky & The Snobs

Massive Liquidity : An Unsurreal Post-Apocalyptic Anti-Opera in Two Acts

Steve Dalachinsky & the Snobs
Balam Balam, 2012

Un album collaboratif entre le poète Beat Steve Dalachinsky et le groupe français The Snobs.

La musique joue un grand rôle dans l’inspiration Beat. Mais, en dépit d’un grand nombre de réussites, la réciproque ne va pas sans poser de très classiques problèmes : risque de la surcharge, brouillage par juxtaposition, diminution de l’impact des mots comme des sons, contraintes spécifiques aux arts de la scène. De nombreuses tentatives, rencontres, expériences, sont parfois nécessaires pour trouver une solution pour “transformer la poésie en acte” (selon l’expression de Jean-Jacques Lebel), là où une simple publication et sa diffusion (peu importent les moyens) auraient pu suffire…

Le plus souvent cependant, la confrontation au flux musical a été nécessaire aux Beats. C’est particulièrement vrai d’un poète, Steve Dalachinsky, dont la liste des collaborations est digne d’un musicien de jazz rompu : Matthew Shipp, William Parker, Joëlle Léandre, Loren Mazzacane Connors, Jim O’Rourke…

Depuis 2011, la poésie de Steve Dalachinsky rencontre régulièrement les textures acides d’un duo français, The Snobs, qui pratique un rock expérimental ludique dans l’esprit de Faust (l’un des membres du groupe, Matthieu Thibault, est par ailleurs l’auteur d’essais extrêmement fouillés sur Bowie, Miles Davis, Sonic Youth…).

Massive Liquidity” est leur premier album, paru en 2012.

Steve Dalachinsky and the Snobs, “Ah Mores” (extrait)
À la Bpi, niveau 3, 780.61 DALA 4

 

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