Vidéo

Appartient au dossier : Laïla Pakalnina, attentive aux mouvements de la vie Les motifs récurrents des cinéastes

Le cinéma de Laïla Pakalnina – L’art de l’écoute
Les entretiens Balises

En quoi est-ce important pour vous de donner à entendre les bruits, même insignifiants ? Que racontent-ils du monde contemporain ? Dans ce deuxième épisode de l’entretien qu’elle accorde à Balises en janvier 2026, à l’occasion du cycle « Poétiques baltes : Estonie, Lettonie, Lituanie » programmé par la Cinémathèque du documentaire par la Bpi, la réalisatrice lettone Laïla Pakalnina évoque les possibilités offertes par les matières sonores dans ses films.

La réalisatrice Laïla Pakalnina interviewée au Centre Pompidou
Laïla Pakalnina © Anne Bléger, Bpi

« Le son est très important parce qu’on perçoit le film avec les yeux et les oreilles. […] Il permet de créer une atmosphère », affirme Laïla Pakalnina. Elle revendique un cinéma de l’écoute, du sensible.

Elle capte les bruits, même insignifiants, qui composent le quotidien : le chuintement du trafic routier (Le Premier Pont, 2020), le vrombissement des machines industrielles (La Cuillère, 2019), le froissement des gobelets en plastique éparpillés sur le bitume percutés par les pieds des coureurs, le ronflement d’un moteur de bus (Terminus, 2024).

Elle s’amuse à substituer des sons par d’autres. Ainsi, dans Le Ferry (1994), le son d’un tremblement de terre est associé, en lieu et place d’un bruit de moteur, à une image de ferry qui s’approche de la terre ferme, « juste pour rendre cette image plus grande ».

Elle conclut enfin que les captations sonores, dans ses films, ne reflètent pas de manière fidèle la réalité. « Ce sont mes sons », dit-elle pour expliquer qu’ils traduisent sa propre perception du réel. Ils font apparaître ce qu’elle est, c’est-à-dire « une des personnes qui vivent en ce moment ».


Cet entretien a été enregistré au Centre Pompidou le 10 janvier 2026, en partenariat avec l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Entretien préparé et mené par : Jade Laurendeau.
Réalisation et montage : Anne Bléger.
Image et son : Maxime Dahlem.
Assistance technique : Lina Le Bourgeois.

Extraits des films de Laïla Pakalnina :
Le Ferry (1994) © Laïla Pakalnina.
Quarante-deux (2014) © Laïla Pakalnina / Hargla Company.
La Cuillère (2019) © Laïla Pakalnina / Hargla Company.
Le Premier pont (2020) © Laïla Pakalnina.
Terminus (2024) © Laïla Pakalnina / Hargla Company.

Musique :
Malika Makouf Rasmussen (La Cuillère)

La Bpi remercie chaleureusement la réalisatrice Laïla Pakalnina, la Maison de production Hargla Company ; Jade Laurendeau et Maxime Dahlem, étudiant·es en Master Cinéma et audiovisuel à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, leurs professeur·es Sarah Leperchey, Camille Bui et José Moure. Merci également à Arnaud Hée et à Lina Le Bourgeois de la Cinémathèque du documentaire par la Bpi. Merci au Centre Pompidou.

Publié le 09/03/2026 - CC BY-SA 4.0

© Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Master Cinéma et audiovisuel de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Le Master Cinéma et audiovisuel de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne propose une formation en études cinématographiques qui se définit par une triple orientation : pratique, théorique (esthétique, théorie du cinéma, analyse de la création cinématographique) et professionnelle (métiers du cinéma et de l’audiovisuel).

Rédiger un commentaire

Les champs signalés avec une étoile (*) sont obligatoires

Réagissez sur le sujet