Quelle place pour le traducteur ou la traductrice littéraire dans le circuit de traduction d’un livre ?
Une utilisatrice d’Eurêkoi, service de réponses et recommandations à distance assuré par des bibliothécaires, souhaite mieux comprendre le rôle du traducteur ou de la traductrice littéraire dans le circuit de traduction d’un livre, de la décision de traduire à la forme que doit prendre cette traduction. Les bibliothécaires de la Bibliothèque publique d’information lui présentent les tâches, les subtilités et les difficultés du métier de traducteur ou traductrice, véritable co-auteur·rice de l’œuvre traduite.

Qui porte le projet de traduction ?
Le projet de traduction d’une œuvre littéraire est déterminé par l’association éditeur·rices-traducteur·rices. Au-delà de la transposition linguistique, le traducteur ou la traductrice peut jouer un rôle stratégique auprès de la maison d’édition :
« À côté des agents littéraires et des transactions intervenant […], le traducteur peut dans certains cas jouer un rôle important comme “apporteur” de textes. Pour certaines langues dites “rares” ou “de petite diffusion” en particulier, son intervention peut être essentielle et profitable. Car seule une personne parlant la langue étrangère en question peut apprécier un texte de manière valable et conseiller à un éditeur d’en publier la traduction… »
« Les relations traducteurs/éditeurs » de Marie-Françoise Cachin, La Traduction, Éditions du Cercle de la Librairie, 2007
Georgia Froman, dans son article « Éditer comme une traductrice », La Revue Nouvelle, 2023, insiste sur l’importance que le traducteur ou la traductrice puisse défendre son projet de traduction. L’éditeur ou l’éditrice est en position d’écoute et ouvert·e au dialogue pour éviter l’écriture ethnocentrique. La traductrice et éditrice américaine indique que l’objet du travail d’édition en traduction est de surligner la culture propre à la langue originale, quand le mouvement « éthiciste » en traductologie a tendance à « effacer les particularités culturelles des textes sources ».
Lawrence Venuti écrit dans son livre de The Translator’s Invisibility: A History of Translation (1995) que l’éditeur·rice exige de plus en plus un style de traduction moins subjectif, une stratégie de traduction qui présente le texte comme si on l’avait écrit dans la langue d’accueil. Ce style de traduction qualifié de domesticating peut prendre différentes formes, mais, précise l’autrice, « souvent, il commence par minimiser ou même supprimer des références culturelles étrangères ou des passages difficiles à suivre pour le public cible, car trop loin de son expérience ou sa vision du monde ». Si l’idée est sans doute de faciliter la lecture pour certain·es, le risque est de voir la pensée s’uniformiser. Un choix d’édition qui efface la culture originale de l’œuvre.
Les éditeur·rices devraient également s’extraire de la traduction de langues « dominantes », comme l’anglais américain, pour venir étoffer la diversité d’ouvrages qu’ils et elles souhaitent proposer aux lecteur·rices. En 2023, l’anglais est la langue de 75 % des « romans et fictions romanesques traduits en français », constate L’Orient-le Jour en avril 2025.
D’après les éditions Albin Michel, le secret d’une bonne politique de traduction réside dans l’importance accordée aux attentes du lectorat (« Une maison d’édition très libre, où l’on peut publier qui on veut : Albin Michel ou le privilège de l’indépendance », Les Échos, 11/09/2025). Gilles Haéri, directeur général des éditions Albin Michel, évoque une première expérience en tant que libraire comme l’origine d’une « vocation profonde à toucher le grand public ». Ce pari sur les traductions grand public, comme celle de l’œuvre de Stephen King, contribue au succès d’Albin Michel, qualifiée de « maison la plus rentable de l‘édition française ».
Le succès d’une œuvre traduite repose aussi sur la qualité de la traduction. Les erreurs peuvent être préjudiciables au succès du livre, à l’auteur·rice traduit·e et à sa pensée. C’est d’autant plus vrai pour les textes philosophiques ou économiques. L’expertise du traducteur ou de la traductrice et le travail intellectuel qu’il ou elle fournit suscite des questions autour des droits liés à la création d’une œuvre de traduction.
Le traducteur ou la traductrice : un·e auteur·rice ou un·e copiste ?
Si, au regard de la législation, toutes les traductions se valent, qu’elles soient fonctionnelles (traduction de textes à caractère technique, scientifique, administratif ou commercial) ou littéraires, toute création doit néanmoins être considérée comme une œuvre originale. Difficile, selon ces critères, de défendre les droits d’une traduction fonctionnelle et a priori non originelle.
Pour se prémunir non seulement des préjugés liés à son travail dit de « copiste », mais aussi s’assurer que ce dernier sera protégé par une législation adéquate, le traducteur ou la traducteurice peut s’appuyer sur le syndicat des Traducteurs, Traductrices et Interprètes (SFT), syndicat professionnel dédié dont l’engagement et la défense des intérêts de ces auteur·rices. C’est le premier groupement professionnel des métiers de la traduction et de l’interprétation en France. Il apporte un soutien aussi bien politique que documentaire à des auteur·rice.s souvent esseulé.es.
Dans leur ouvrage édité par le SFT, Pascal Reynaud et Tiphaine Klein proposent de démêler les problématiques associées à cette profession :
« Le principe est simple : si le juge décèle de l’originalité dans une œuvre de l’esprit, celle-ci sera protégeable. Pourtant, cette notion est difficile à définir : c’est une notion “molle” sujette à de multiples interprétations et incertitudes de la part des tribunaux. Afin de tenter de circonscrire la notion, on distingue une tendance subjective de la jurisprudence à la recherche de la sensibilité ou de la “personnalité” de l’auteur dans l’œuvre, d’une tendance plus objective singularisant un simple travail intellectuel. Concernant les traductions fonctionnelles, cette seconde tendance sera plus favorable aux traducteurs, la sensibilité de l’auteur passant souvent au second plan dans ce type de traduction.
Quels droits d’auteur pour le traducteur professionnel ? de Pascal Reynaud et Thipaine Klein, SFT, 2018
Le ou la traducteur·rice se doit par ailleurs de respecter le droit moral de l’auteur·rice en évitant de dénaturer ou de la trahir par son apport intellectuel ou son originalité stylistique. Dans son article « Droit d’auteur : quel est le régime juridique de la traduction ? » (Archimag, 27/10/2021), Didier Frochot revient sur cette législation particulière en évoquant l’idée de la « traduction, trahison ».
Définition du métier de traducteur·rice littéraire
Selon la définition du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL), un·e traducteur·rice est une personne « transposant des textes d’une langue dans une autre ». Pour exercer ce métier, il est recommandé de suivre un parcours dédié en langues, spécialisation Traduction et interprétation. La maîtrise de plusieurs langues ne suffit pas : le métier de traducteur·rice est avant tout un engagement émotionnel et culturel, nourri par le plaisir de transmettre.
« Le traducteur traduit parce qu’il éprouve un plaisir à traduire, à dévoiler l’autre. L’hypothèse […] est celle de l’interculture qui explicite que la nationalité du traducteur n’importe guère car, selon lui, le traducteur se situe à l’intersection des deux cultures. »
« Parlons du traducteur : rôle et profil » de Marie Hélène Catherine Torres, Traduire, n°227, 2012
En effet, le travail de traduction repose en grande partie sur le choix des mots, la restitution de la profondeur du texte original tout en maintenant une cohérence avec le contexte et le niveau de langue attendu.
« Choisir des mots qui ont la même “intensité” que ceux de l’original en donnant priorité à la cohérence contextuelle, ainsi que les mots et la syntaxe de niveaux adéquats en fonction des destinataires : textes pour enfants, textes de vulgarisation, textes dialectaux ou avec des mots dialectaux. Déterminer les paramètres du texte de départ : langue familière, langue dialectale, argots, etc. L’équivalence est phraséologique et non pas de mot. »
Théorie et enseignement de la traduction, de André Clas, L’Enseignement de la traduction, Équivalences, 2011.
Enfin, comprendre plus concrètement le métier de traducteur littéraire, c’est écouter les professionnel·les du milieu. La traductrice Stéphanie Dujols en fait le témoignage lors d’un atelier de sensibilisation à la traduction à Arles en 2025. Elle y évoque les réalités du métier : le choix, et parfois le refus de certains textes à traduire, la décision d’interrompre des collaborations, mais aussi les contraintes propres à la profession, entre délais à respecter et engagements contractuels avec les maisons d’édition.
La traduction, tout un art !
« Le traducteur n’est pas celui qui trahit, comme dans l’expression classique “traduttore, traditore”, mais celui qui “relève” […]. La traduction “relève” aussi l’original comme on assaisonne un plat pour faire ressortir tel ou tel aspect de l’original. »
Jacques Derrida
Issue d’un travail linguistique, l’œuvre traduite est aussi bien souvent le fruit d’un travail esthétique auquel les auteur·rices apportent passion et singularité. Dès le 19e siècle, la traduction s’impose comme un vecteur de transformations stylistiques. Charles Baudelaire et Gérard de Nerval, respectivement traducteurs d’Edgar Allan Poe et Goethe, ont notamment contribué à introduire en France de nouveaux codes poétiques initiant un débat juridique et intellectuel dont les conséquences seront, entre autres, la reconnaissance du métier, explique Capucine Echiffre, dans « Traductions et traducteurs au 19e siècle », Les Essentiels de la littérature (2021).
« Connaître Baudelaire traducteur permettrait peut-être de mieux cerner Baudelaire poète, de mieux le dévoiler. De réaliser qu’un traducteur est tout d’abord un lecteur impatient de réécrire ce qu’il a aimé. »
« Pourquoi traduire un auteur ? » de Gianluca Leoncini, Les Chantiers de la création n°11, 2019
C’est dans cette lignée qu’auteur·rices ont pu inscrire dans leurs corpus des travaux de traduction renommés. Ainsi , un auteur tel qu’Umberto Eco accorde une place considérable à la traduction dans son œuvre. Dans son article « La traduction d’après Umberto Eco : Dire quasi la stessa cosa », Viviana Agostini-Ouafi expose les motivations d’Eco comme traducteur, se considérant comme un lector in fabula privilégié qui est appelé, en traduisant, à transformer nécessairement le texte. Elle y explique notamment comment la traduction imprègne ses réflexions sur la langue et la littérature.
Même chose pour Marguerite Yourcenar dont « la traduction occupe […] une place de choix dans son œuvre autant que dans sa vie, placée sous le signe d’un bilinguisme à géographie variable ». Dans son article, « Marguerite Yourcenar ou la traduction comme exercice de sympathie », Bruno Blanckeman met notamment en relief l’appétence particulière de l’autrice pour la traduction là ou le multilinguisme joue un rôle déterminant dans son désir de traduction. Sa bibliographie traversée par son histoire de femme voyageuse en est en effet fortement imprégnée. En témoigne un travail de traduction publié pendant une cinquantaine d’années, « puisque traduire est un exercice qu’elle pratique à titre de distraction dès l’adolescence ».
Nombre de traducteur·rices contemporain·es sont aussi reconnu·es pour leur travaux en prose ou poésie, contribuant bien souvent à diffuser des corpus méconnus. Ainsi, Sophie Benech, traductrice d’auteur·rices de la littérature russe tels que Varlam Chalamov, Anna Akhmatova, Isaac Babel, ou encore Svetlana Alexievitch, explique, dans une interview pour le ministère de la Culture, en 2022 : « La traduction me permettait de faire connaître la culture russe aux Français et de travailler avec la langue française que j’adore. […] En les traduisant, il m’est souvent arrivé d’avoir la sensation qu’ils étaient à côté de moi. » En précisant qu’il y a des moments où l’on « absorbe le texte dans la langue originale, où il se “décompose” à l’intérieur de vous », Sophie Benech aide à mieux saisir comment l’œuvre devient sienne.
Dans un entretien accordé à Karim El Haddady (Actuallité, 2024), Laurent Lombard, professeur à Avignon Université et traducteur, va plus loin et parle de la traduction comme patrimoine immatériel, en expliquant que « la traduction entretient des relations intimes avec toutes les sciences et avec tous les arts ; elle est une constituante de l’histoire des idées et des langues. […] À travers ce patrimoine de la traduction, on entend, du plus profond de l’histoire jusqu’à nos jours, tous ces hommes et toutes ces femmes qui, en traduisant, ont tenté par leurs idées, leurs désirs, leurs cultures, leur amitié ou leur amour des langues et des autres, de faire entendre leurs voix et celles des écrivains qu’ils ont traduits ».
L’attention au lectorat
La réception du texte par le lecteur ou la lectrice est un paramètre important dans le travail du traducteur. Il s’agit de prendre en compte ses habitudes, son contexte, ses attentes et sa compréhension, tout en l’associant au ressenti de l’auteur. Michèle Albaret-Maatsch, traductrice de Margaret Atwood, témoigne justement de ces enjeux, dans son texte « En français, Gilead n’existe pas », soulignant l’importance de considérer les habitudes des fans de séries dans le choix des noms : « Je souhaite être toujours au plus près du texte de départ en gardant présent à l’esprit l’intérêt du lecteur et en facilitant sa compréhension. Et ceci en concertation avec l’éditeur·rice, voire les correcteurs et correctrices, afin de respecter au mieux l’esprit de notre langue. »
Si le lecteur ou la lecteurice semble parfois absent·e du processus de traduction, il ou elle reste pourtant au centre de cette pratique. Comme le rappellent Véronique Béghain, Shirley Fortier et Patricia Godbout dans Le Traducteur et ses Lecteurs , le lecteur ou la lectrice n’est pas seulement le ou la destinataire d’une traduction, mais initie un nouveau processus engageant sa subjectivité, donnant sens à l’œuvre traduite.
Mais qu’attendent vraiment les lecteur·rices d’une traduction ? La manière dont ils et elles la reçoivent varient souvent en fonction de leur rapport à l’œuvre originale. Certain·es ont conscience de l’écart qui peut exister entre un texte et sa traduction, estimant que celle-ci ne permet pas toujours de restituer pleinement le style de l’auteur·rice ou les subtilités de la langue d’origine. Pour d’autres, une traduction est réussie avant tout si elle est agréable à lire, claire et cohérente.
« Plusieurs élèves considèrent qu’il faut faire confiance au traducteur […] mais beaucoup ont conscience qu’il existe un écart plus ou moins important entre texte-source et texte-cible, en particulier sur le plan formel : la traduction ne permet pas d’apprécier le style de l’auteur à sa juste valeur ; elle ne rend pas compte de toutes les subtilités de la langue. »
« La littérature en traduction » de Bernard Chanfrault, dans Le Français aujourd’hui, 2003
Ainsi, la traduction implique un équilibre entre les attentes des lecteur·rices et celles de l’éditeur·rice, entre fidélité et adaptation. Elle doit faciliter la lecture et la compréhension dans le pays de destination, tout en conservant certains éléments de l’original qui peuvent contribuer à son authenticité et ses spécificités culturelles. Lise Caillat dans son ouvrage De l’autre côté du miroir : libertés et contraintes dans le métier de traducteur explique :
« il existe une catégorie de lecteurs qui choisit délibérément de lire un ouvrage traduit, de l’italien en l’occurrence, et qui aspire par là à une forme d’exotisme, à un “goût d’Italie”. Il est donc important de laisser dans le texte quelques “saveurs”, quelques “résonances” italiennes […] Sans tomber dans la caricature, évidemment. »
Entre fidélité au texte original et adaptation à un nouveau public, la traduction crée une véritable passerelle entre les cultures. Elle rappelle surtout que l’œuvre traduite continue de vivre à travers celles et ceux qui la lisent, l’interprètent et se l’approprient.
Un métier précaire et menacé
Si elle est reconnue, estimée et parfois même renommée, la profession de traducteur·rice est bien souvent confrontée à une réalité économique délicate. Sophie Benech, en évoquant le Grand Prix de la traduction, décerné par la Société des gens de lettres et le ministère de la Culture témoigne :
« Ce prix est le signe que la traduction est soutenue et reconnue dans notre pays. Et puis, la somme qui l’accompagne est loin d’être triviale pour un traducteur. Anne Colin du Terrail, lauréate de la première édition, a dit que son montant équivalait à peu près à ce qu’elle gagnait en un an, je peux reprendre cette affirmation à mon compte ! »
Dans l’article « Traducteur : une profession de plus en plus précaire, alerte l’ATLF » (Actualitté, 2025) l’Association des traducteurs littéraires de France (ATLF) pointe la progression de la précarité et les menaces qui pèsent sur le métier. Notamment « l’existence de “zones grises” dans les rapports avec les maisons d’édition. Les négociations contractuelles, souvent déséquilibrées, placent les traducteurs en position de vulnérabilité ».
Et l’IA (intelligence artificielle) ne vient pas arranger les choses. « Je n’aurais jamais cru que, de mon vivant, je verrais disparaître mon métier. C’est pourtant ce qu’il se passe », déplore la traductrice Karine Reignier-Guerre dans « L’IA grignote inexorablement le travail des traducteurs littéraires » (Le Monde, 23/12/2025). Pourtant, le collectif En chair et en os rapporte « une perte considérable de qualité » avec l’IA, puisque celle-ci traduit d’une manière lisse et fade. Son point fort, hélas, est sa rapidité d’exécution.
Le recours à l’IA supprime déjà de nombreux emplois y compris dans la traduction littéraire, alors que le métier est précaire. Sur les 15 à 20 000 traducteur·rices de France, 70 % travaillent comme indépendant·es, rappelle Boris Semeniako dans « L’IA presse des traducteurs déjà essorés » (La Croix, 2025). En 2022, 14 % des traducteur·rices s’étaient vu proposer un travail de post édition – traduction automatique qu’un humain vient corriger –, nous rapporte Les Échos en 2025 dans l’article « La grande menace de la traduction par IA » (chiffre ATLF). Cette tâche de post édition est chronophage, mal payée, inintéressante. Cependant, par nécessité économique, les traducteur·rices qui débutent n’ont pas d’autres choix que d’accepter ce genre de missions d’après le reportage « Intelligence artificielle : qu’en pensent les traducteurs ? sur France Culture (2024).
Dans le milieu de la traduction, nombreux·euses sont les professionnel·les à réagir et à documenter leur métier, avec un choix de mots propre à chacun·e. Ainsi Nicolas Richard parle de théâtre d’opérations « où il doit simultanément écrire, se relire à voix haute, réfléchir aux enjeux, douter et se positionner ». « Le traducteur est un passeur, un interprète. Pour porter une grande traduction il faut s’en emparer, tout ce que l’IA ne peut faire », explique-t-il. Les textes perdent en relief, en complexité dans leur vocabulaire. L’essence même d’un ouvrage est pervertie, comme l’émotion qu’il suscite.
Éric Boury, traducteur spécialisé dans l’islandais et connu pour ses traductions d’Arnaldur Indridason, est cité dans « L’IA presse des traducteurs déjà essorés » :
« En littérature, on ne traduit pas phrase par phrase mais on recrée une œuvre. L’IA en est incapable, constate-t-il. Reste qu’il y a quinze ans, tout le monde dans le milieu rigolait des logiciels de traduction, et qu’aujourd’hui on voit bien qu’ils ont beaucoup progressé, sans qu’on sache jusqu’où cela pourra aller. »
L’avenir de la traduction se joue dans la richesse du vocabulaire, dans la connaissance des cultures, dans la capacité à jouer avec les nuances et réaliser des équilibres subtils pour répondre aux attentes de l’auteur·rice autant qu’aux lecteur·rices. Mais la précarité et la concurrence de l’IA n’auront-elles pas raison des vocations ?
Eurêkoi – Bibliothèque publique d’information
Publié le 04/05/2026 - CC BY-SA 4.0
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