Podcast / Son

Appartient au dossier : Par Effractions, le podcast littéraire de la Bpi, saison 2

Par Effractions S02 #6 – Maylis de Kerangal

Dans cet épisode du podcast littéraire « Par Effractions », Lauren Malka rencontre Maylis de Kerangal dans les locaux de la Bpi pour aborder trois textes qui poussent la littérature dans ses retranchements, à l’occasion de la publication de son essai La Lentille et le Roman.

Dans son titre le plus primé, Réparer les vivants (2014), Maylis de Kerangal charge d’humanité les termes techniques du milieu chirurgical par l’adjonction d’expressions populaires. L’autrice choisit soigneusement ses mots et exploite un vaste registre lexical adapté à son propos pour chacun de ses ouvrages.

Son dernier livre, La Lentille et le Roman, paru chez Verdier en mai 2026, est un essai dans lequel elle propose de voir la lecture comme un filtre, une lentille sur la vie. Des micro détails aux jeux d’optique, et si les romans permettaient d’y voir mieux ? C’est dans les livres que les lecteur·rices observent ce qu’ils et elles n’ont pas vécu. C’est dans les livres que l’amour se vit d’abord, avant de venir en surimpression dans le vécu, au risque d’en troubler l’expérience, suggère Maylis de Kerangal. Quant à l’écriture, c’est une façon de voir. Poursuivant l’analogie, son texte revient avec précision sur les origines historiques des outils d’optique et leurs impacts philosophiques sur le rapport à la réalité.

Dans les rayonnages de la Bpi, elle sélectionne, aux côtés de Lauren Malka, trois titres dont les mots sont comme des lunettes : Rue des Boutiques Obscures de Patrick Modiano, La Renarde de Dubravka Ugrešić et Témoignage de Charles Erznikoff.


Présentation et réalisation : Lauren Malka
Musique originale : David Federmann
Pilotage et coordination Bpi : Hélène Becquembois
Enregistré à la Bpi, bâtiment Le Lumière, le 30 juin 2026.

Publié le 13/07/2026 - CC BY-SA 4.0

L'essai de Maylis de Kerangal

La Lentille et le Roman

Maylis de Kerangal
Verdier, 2026

« Je devrais porter des lentilles optiques.
Des lentilles de contact.
À la place, j’écris des romans.
C’est pareil. »

Décrire, imaginer, détailler, regarder en particulier. Tout en parcourant librement ses livres, Maylis de Kerangal sonde les liens entre optique et littérature et revient sur le bricolage de sa propre lentille, qu’elle appelle roman. © Verdier

La sélection de Maylis de Kerangal

Rue des Boutiques Obscures

Patrick Modiano
Gallimard, 2013

Que reste-il de la vie d’un homme? Une photo, au fond d’une boîte ou d’un tiroir, des papiers administratifs, quelquefois une fiche de police ou un nom dans un Bottin. Et aussi les souvenirs de ceux qui l’ont connu ou rencontré. Ils seront de moins en moins nombreux et leurs souvenirs de plus en plus vagues. Ainsi l’écho d’une vie décroît-il jusqu’à s’éteindre tout à fait. À supposer que quelqu’un puisse revenir sur terre après sa mort, que retrouverait-il de lui dans les lieux qui lui étaient familiers et dans la mémoire des autres? © Gallimard

À la Bpi, 840″19″ MODI 2 (dans le recueil Romans)

La Renarde

Dubravka Ugrešić, traduit par Chloé Billon
Christian Bourgois, 2023

L’écrivaine enquête pour comprendre l’origine des histoires et l’inspiration des auteurs. Son récit introspectif se mêle à des anecdotes sur des figures de la littérature russe comme Boris Pilnyak, Doivber Levine et Vladimir Nabokov. © Électre 2023

À la Bpi, 886.1 UGRE 4 LI

Témoignage. Les États-Unis (1885-1915)

Charles Reznikoff, traduit par Marc Cholodenko
POL, 2012

Une fresque poétique qui décrit l’entrée des États-Unis dans l’ère moderne à travers la restitution minutieuse et la mise en forme de rapports d’audience de tribunaux amenés à juger aussi bien des conflits de voisinage ou de succession que d’accidents du travail ou de faits divers atroces.

À la Bpi, 821 REZN 2

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