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Appartient au dossier : Les hackers ou la culture du libre

Hacktivisme

Contraction de Hacker et Activisme, l’hacktivisme est apparu sur le devant de la scène ces dernières années, avec des événements comme les révolutions arabes ou Occupy Wall Street.

Quand hacking rime avec politique

Couverture du livre Anonymous
Anonymous par Eneas De Troya [CC-BY-2.0], Wikimedia Commons

Lutte contre la censure, esprit libertaire, anti-capitalisme… Le hacking a toujours eu une connotation politique mais certains hackers ont choisi de prendre les armes (informatiques) au service de combats politiques. Des révolutions arabes à Occupy Wall Street, les contestations politiques récentes ont pu compter sur le soutien et la participation active des hackers.

On ne peut parler d’une organisation structurée et hiérarchisée mais plutôt de collectifs de taille diverse et pas forcément d’accord entre eux. Les moyens employés pour soutenir les militants syriens ou les Indignés de Wall Street sont le plus souvent informatiques mais parfois les hackers descendent dans la rue, à l’image des Anonymous. 

Les Anonymous

 433px-Anonymous.svg.pngLes hacktivistes les plus médiatisés sont sans aucun doute les Anonymous. Leurs signes distinctifs : des actions spectaculaires et le port d’un masque comme symbole, celui du révolutionnaire anglais Guy Fawkes, illustré par Alan Moore dans le comics V pour Vendetta.

À l’origine, la seule ambition des Anonymous était le “lol”, ou plutôt le “lulz” (un humour sarcastique volontiers de mauvais goût) sur le site de partage d’images 4chan. Le mouvement a pris une tournure plus politique à partir de 2008 avec l’attaque de l’église de scientologie (visant moins la doctrine que la censure, l’église de scientologie ayant exigé le retrait d’une vidéo de Tom Cruise dont elle avait les droits).

Leur mode d’action privilégié est le DDoS (Denial of service attack ou attaque en déni de service). Un nombre important de membres se donne rendez-vous à un instant T et, à l’aide d’un logiciel spécialisé, lance une attaque contre le site visé, dont les serveurs saturent sous l’effet d’un trop grand nombre de connexions simultanées. Gouvernements, majors de l’industrie du disque et autres sites anti-piratage en ont fait les frais.

Le Parti Pirate

parti-pirate_29277_w250.jpgD’autres ont véritablement franchi le pas de la politique en jouant le jeu électoral, à l’image du Parti Pirate, qui compte aujourd’hui 15 députés au Parlement allemand. Né en 2006 en Suède, le Parti Pirate a rapidement fait des émules et existe aujourd’hui dans 66 pays. Le Parti Pirate français fut le 3e à se présenter à une élection (après la Suède et l’Allemagne) avec les législatives partielles en 2009 dans les Yvelines. Aux élections législatives de 2012, il comptait 101 candidats.

Les ambitions du Parti Pirate sont de favoriser le partage des savoirs scientifiques et culturels de l’humanité, protéger l’égalité de droit des citoyens et défendre les libertés fondamentales “sur Internet comme dans la vie quotidienne”. Comme les hackers, le Parti Pirate est très orienté vers la défense d’un “Internet libre et sans aucune licence dans une société ouverte”. De par son nom et ses aspirations, le Parti Pirate est très proche de l’esprit hacker, qu’il prolonge sur la scène politique.

Publié le 24/01/2013 - CC BY-SA 4.0

Sélection de références

Couverture du livre Anonymous

Anonymous : pirates informatiques ou altermondialistes numériques ? Peuvent-ils changer le monde ?

Frédéric Bardeau
Fyp éditions, 2011

Ce livre offre une présentation du groupe d’activistes numériques baptisé les Anonymous. Qui sont-ils et comment sont-ils organisés ? Sont-ils seulement des petits génies du Web au service du “lol” ou portent-ils un véritable message politique ? A contre-courant des préjugés et des fantasmes qu’ils suscitent, l’auteur s’attache à analyser le mouvement en profondeur.

À la Bpi, niveau 2, 320.9 BAR

Couverture du livre Devenir média

Devenir média : l'activisme sur Internet, entre défection et expérimentation

Olivier Blondeau
Amsterdam, 2007

Pour certains altermondialistes, militants de la cause des sans-papiers, écologistes et ou activistes de l’anticopyright ou du logiciel libre, l’Internet est un laboratoire d’expérimentation politique. Olivier Blondeau propose dans cet ouvrage une approche qui croise les apports de la science politique et de la communication, de la sociologie pragmatique et des théories de l’action collective.

À la Bpi, niveau 2, 301.56 BLON

Couverture du livre la guerre civile numérique de Paul Jorion

La Guerre civile numérique

Paul Jorion
Textuel, 2011

L’essor d’Internet engendre des oppositions inédites aux pouvoirs traditionnels. Paul Jorion analyse ce phénomène avec l’exemple des insurrections contre l’ordre établi (Tunisie, Egypte, etc.), de Wikileaks ou des luttes entre blogueurs et journalistes, sous la forme d’entretiens critiques et engagés avec Régis Meyran. Anthropologue et chercheur en sciences sociales et en économie, Paul Jorion fut l’un des rares économistes à avoir prévu la crise des subprimes en 2007.

À la Bpi, niveau 2, 301.56 JOR

Couverture de V pour Vendetta

V pour Vendetta

Alan Moore
Urban Comics, 2012

En 1997, l’Angleterre est dirigée par un gouvernement fasciste et vit dans la paranoïa et la surveillance. Un homme décide de se dresser contre l’oppression. Derrière son masque souriant, il répond au nom de V, pour vérité, valeurs et vendetta. Cette série de bande dessinée a été réalisée entre 1982 et 1990.

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