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Appartient au dossier : La vidéo sur les réseaux sociaux

La vidéo sur les réseaux sociaux #1 : les dates clés

Les internautes français·es passent en moyenne 4 heures et 40 minutes par semaine à visionner des vidéos sur les réseaux sociaux selon une étude réalisée en juin 2021 par NordVPN. Cette activité, encore marginale dans les usages en ligne au début des années 2000, est désormais majoritaire, et elle connaît une croissance continue et un succès mondial. Balises vous propose de revenir sur les dates d’apparition de la vidéo sur nos réseaux sociaux.

Un téléphone portable affiche les applications Snapchat, Instagram et Youtube
Photo de Christian Wiediger sur Unsplash

La vidéo numérique apparaît dans les années 1990, d’abord avec le format DV, qui permet de réaliser des vidéos de bonne qualité, sans compression. En 2001, le format MP4, compressé, facilite le stockage et la diffusion des vidéos en ligne. La possibilité de lire un flux vidéo, sans avoir à télécharger intégralement le fichier sur un terminal numérique, émerge à la même période avec le streaming. L’apparition des téléphones équipés d’appareils photo, dès 1999, puis de caméras, à partir de 2005, va permettre la multiplication des vidéos, tout en facilitant le partage d’images en ligne, avec les smartphones connectés à Internet. De toutes ces innovations, naît l’immense succès du format vidéo qui représente désormais plus de 60 % de la bande passante du web (et 1 % des émissions mondiales de CO₂), et se développe en particulier sur les réseaux sociaux. 

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2000 – Le peer-to-peer 

Les plateformes de partage de fichiers en pair-à-pair, ou peer-to-peer, sous forme de logiciels indépendants du navigateur, se développent au début des années 2000. Elles permettent d’échanger toutes sortes de documents, mais aussi de la musique et des vidéos, souvent en toute illégalité. Parmi les précurseurs, Napster où s’échangent essentiellement des fichiers musicaux, apparaît en 1999 mais doit cesser ses activités en 2001 en raison des atteintes au droit d’auteur. eMule prend le relais en 2002 et la plateforme atteint un record en 2013 en étant téléchargée 660 millions de fois. Mais ces outils sont surveillés de près par la justice, qui condamne les partages d’œuvres sous droits.

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2003 – MySpace

Premier réseau social à connaître un succès mondial, MySpace est d’abord destiné aux musicien·nes, qui peuvent y partager leurs œuvres et échanger avec leurs fans. Le site propose des extraits musicaux ou des clips à télécharger et, à partir de mars 2006, les vidéos en streaming y sont aussi présentes. En quelques mois, le réseau représente 20 % des flux vidéo en streaming sur le web.
En 2009, MySpace achète Imeem, un réseau social de vidéos en ligne fondé en 2004, dont les fonctionnalités sont proches de YouTube.

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2004 – Vimeo

Premier site web en streaming dédié au partage et aux visionnages de vidéos réalisés par les utilisateur·ices, Vimeo est lancé en novembre 2004. Son modèle économique diffère de celui des autres plateformes du même type, puisqu’au lieu de se financer par la publicité, elle propose plusieurs solutions d’hébergement payantes et vend aussi certains contenus. Pour ces raisons, Vimeo séduit les professionnel·les du cinéma. En 2020, la plateforme a dépassé les 200 millions d’utilisateur·ices dans le monde.

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2005 – YouTube

Grand champion des réseaux sociaux de streaming, YouTube naît en 2005 et son succès grandit rapidement. L’hébergement de vidéos y est gratuit et illimité, le financement passant entièrement par la publicité.
Racheté par Google en 2006, YouTube propose depuis 2008 des vidéos en direct (« live streaming ») et depuis 2011 la location de films. En 2023, la plateforme compte 2 milliards d’utilisateur·ices connecté·es actif·ves sur le site chaque mois.

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2006 – YouPorn

S’il n’est pas le premier site à diffuser des vidéos pornographiques en streaming, YouPorn est le premier à rencontrer un grand succès, essentiellement grâce à l’anonymat et à la gratuité. Avec un financement par la publicité, le site s’inspire du modèle de YouTube et permet de commenter les vidéos, créer des chaînes, etc. Désormais dépassé par ses concurrents, comme Pornhub ou Xhamster (fondés en 2007), le site revendiquait encore 33,5 milliards de visites au cours de l’année 2018. Ces sites ont donné à la vidéo pornographique une visibilité mondiale : elle occuperait aujourd’hui environ un tiers du trafic web. Ils font néanmoins l’objet de plaintes pour contenus illégaux (atteintes au droit d’auteur, prostitution de mineur·es, revenge porn, etc.) : en 2020, Pornhub a ainsi supprimé 6,3 de ses 13,5 millions de vidéos. L’encadrement de l’accès aux mineur·es est à l’étude en France en 2023.

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2007 – Le live streaming

Une innovation majeure fait son apparition, lancée par quelques strat-ups, comme Justin.tv, Ustream, ou Livestream : le « live streaming », soit la diffusion en direct sur Internet, en passant par un smartphone ou une webcam, sans enregistrement ni montage.

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2007 – Facebook

Avant 2007, on ne trouvait sur Facebook que des vidéos embarquées depuis d’autres plateformes comme YouTube ou Dailymotion. En 2007, le célèbre réseau social propose sa propre plateforme de streaming. En août 2015, Facebook se lance dans la diffusion de vidéos en direct, qui apparaissent sur le fil d’actualité des utilisateur·ices qui peuvent les commenter.

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2011 – Twitch

Centrée sur le jeu vidéo, Twitch est une plateforme de streaming vidéo en direct. Les vidéos s’accompagnent d’un chat en direct, qui permet de suivre les réactions des internautes. Les compétitions d’esport, qui connaissent un immense succès, peuvent ainsi être visionnées et commentées en même temps. Racheté par Amazon en 2014, le site a diversifié les types d’émissions et propose aujourd’hui des contenus musicaux, des discussions, des programmes d’humour ou d’actualité. La plateforme n’a cessé de croître depuis son lancement et réunit, en 2023, 140 millions de visiteur·ices uniques par jour.

2011 – Snapchat

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L’application Snapchat permet d’envoyer des messages, photos ou vidéos, dont la particularité est de n’être disponibles que pendant une courte période. Cette dimension éphémère est censée encourager la spontanéité et protéger les utilisateur·ices contre les traces laissées en ligne.
Snapchat se présentait, à l’origine, comme le premier réseau social disponible uniquement sur smartphone. De nombreuses fonctionnalités facilement utilisables sur un téléphone ont été inventées pour cette application, comme la réalité augmentée ou la localisation en temps réel… Les autres réseaux sociaux s’en sont vite inspirés.

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2012 – Twitter

En 2012, Twitter fait l’acquisition de Vine, une application permettant de partager des vidéos de quelques secondes. En 2015, Twitter rachète l’application Periscope qui permet la diffusion en direct de live streaming. La même année, Twitter permet la publication de vidéos d’une durée de trente secondes à dix minutes. 

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2013 – Instagram

Créé à l’origine pour la diffusion de photographies, Instagram,  permet  l’import  de  vidéos  par les utilisateur·ices à partir de 2013. Les filtres, qui ont fait le succès de l’application, sont également disponibles pour les images animées. En août 2016, Instagram lance une nouvelle fonctionnalité, similaire à celle de Snapchat, pour partager un diaporama éphémère de photos et vidéos : Instagram Stories. 


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2017 – TikTok

L’application Douyin apparait sur le marché chinois en 2016 et, dès l’année suivante, elle se lance à l’international sous le nom de TikTok. TikTok permet aux utilisateur·ices de créer des vidéos courtes : la plupart durent entre 15 et 30 secondes, mais on peut y trouver des vidéos plus longues, jusqu’à dix minutes. Le plus souvent, il s’agit d’internautes se filmant avec leur téléphone, faisant du karaoké, des farces, du maquillage, des acrobaties, etc. Mais on y trouve aussi des sujets plus qualitatifs comme l’actualité, ou même… les livres. L’application plaît rapidement à travers le monde, surtout aux adolescent·es, et bat le record de l’application la plus téléchargée en 2018 ; elle est encore en tête des téléchargements en 2023. Elle suscite aussi la méfiance : la maison mère ByteDance est réputée proche du pouvoir chinois, et les risques pour la cybersécurité la font interdire sur les téléphones de nombreux fonctionnaires à travers le monde.TikTok est maintenant imité par ses concurrents : Instagram lance ses « Reels » en 2020, et YouTube les « Shorts » en 2021.

etc.

Face à ces géants, on a vu apparaître quelques entreprises, de taille encore modeste mais qui pourraient grandir dans les années à venir. Ainsi Yubo, qui revendiquait 60 millions d’utilisateur·ices en 2022, mêle des fonctionnalités de rencontre, avec la vidéoconférence : il est ainsi possible de se retrouver avec des personnes présentes sur le site pour créer un salon de discussion vidéo. Caffeine, fondé en 2016, propose le même type de services que Twitch, mais autour des rencontres sportives. La vidéo, format particulièrement engageant voire addictif, n’en fini pas de se développer.

Publié le 31/07/2023 - CC BY-SA 4.0

Pour aller plus loin

« Combien de temps de nos vies passons-nous en ligne ? », par Ugnė Zieniūtė | NordVPN, 1er août 2021

Savez-vous combien de temps nous passons en ligne en moyenne, tout au long de notre vie ? Ces résultats peuvent varier en fonction de notre lieu de vie et de nos origines. Nous vous parlerons plus en détails du constat français, qui pourrait vous étonner ! Même si vous ne semblez pas vous en rendre compte, nous passons tous une grande partie de notre vie connectés, mieux vaut donc faire en sorte de faire bon usage de ces journées passées en ligne.

La Communication en temps réel : Facebook live, Twitter, Snapchat, stratégies et outils du live !

Anthony Babkine
Eyrolles, 2017

Allumez votre Smartphone, démarrez vos médias sociaux : vous êtes en direct ! Rien de plus facile aujourd’hui que de filmer en pleine rue et de diffuser une vidéo qui sera partagée en temps réel sur les réseaux sociaux. Pourtant, contrairement aux idées reçues, le live se prépare, s’anticipe et recèle bien des subtilités pour être efficace au service des marques et personnalités. Avec des plateformes telles que Périscope, Snapchat ou Facebook Live, en passant par des stratégies telles que le newsjacking, les marques sont confrontées à un véritable changement de paradigme et n’ont jamais eu autant d’occasions de rayonner en temps réel.
Cet ouvrage propose de conseiller les marques mais aussi les individus pour être audible et visible à l’ère du live : quelle stratégie adopter ? Comment se mettre en scène ? Quelles sont les plateformes inévitables ? Quelles sont les opportunités et les erreurs à ne pas commettre ? Comment mesurer le succès d’un live ? (résumé de l’éditeur)

À la Bpi, niveau 3, 655.7 BAB

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