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Appartient au dossier : Vivian Ostrovsky, cinéaste de l’expérimentation

Festivals de films de femmes, porte-parole des féminismes

Les festivals de films de femmes sont étroitement liés à l’histoire du cinéma, de son industrie et des mouvements de défense des droits des femmes. Ces festivals ne sont pas une catégorie homogène, et les critères de sélection peuvent varier : films de réalisatrices ou dont les postes clés sont assurés par des femmes, avec des héroïnes ou des sujets sur les conditions des femmes… À l’occasion de la rétrospective de la passeuse de films Vivian Ostrovky du 17 au 30 juin 2026, cette chronologie des films de femmes propose un premier tour d’horizons parmi les centaines de festivals désormais existants.

Festival Femmes/Film, Rive Gauche, Paris 1975
Cinéma Gaumont rive gauche, 1975 © Bill Thompson

Les premiers festivals : donner aux femmes une place égale aux hommes

Les festivals de films de femmes sont nés au début des années 1970 aux États-Unis et en Europe, héritiers directs des évolutions idéologiques autour du féminisme des années 1960. Organisés par des activistes, le but de ces festivals est de produire une nouvelle conscience cinématographique féminine tout en mettant en pratique l’engagement politique, à la recherche de moyens matériels, de pratiques et d’espaces.

Depuis 1972 – First International Festival of Women’s Film (New York)

« Même les spécialistes furent surpris de découvrir qu’il y avait, dans les faits, une programmation qui en valait la peine de trois semaines de films de femmes », écrit le journaliste Joan Braderman. Ce premier festival de film de femmes a été organisé par Kristina Nordstrom, une jeune entreprenante qui avait travaillé avec Richard Roud sur le New York Film Festivals. Son but était de faire prendre conscience au public de la quantité de femmes créatives dans le domaine du cinéma. Parmi la sélection, moins de 10 % des films dataient d’avant 1965 et 80 % étaient des courts métrages, ce qui montre aussi une appropriation tardive du cinéma par les femmes.

1973 – The First International Women’s Film Seminar in Berlin (Berlin)

Présentation de 45 films et vidéos de sept pays différents. Le terme séminaire a été choisi pour souligner l’objectif du festival d’accueillir de nombreux moment de discussions. Les débats se répartissaient en quatre principaux thèmes : les femmes et les luttes au travail, la représentation des femmes dans les médias, sexualité et genre, loi allemande pour l’avortement.

1974 – Festival Musidora (Paris)

Ce premier Festival de films de femmes en France, a été organisé par l’Association Musidora. Agnès Varda, Delphine Seyrig, Jeanne Moreau sont marraines du festival. Les films sont réalisés par des femmes mais ne sont pas sélectionnés en fonction de leur engagement féministe. Néanmoins, des séances de travail réservées aux femmes et des débats ouverts à tout public sont organisés dans une perspective féministe.

1975 – International Women’s Film Festival (Australie) 

Ce festival est né des suites de la Women’s Liberation National Conference qui s’est tenue à Melbourne en 1970 qui a entraîné la création de Sydney Women’s Film Group. Son but est de donner un contexte aux films de femmes, permettre aux femmes d’explorer leur créativité à travers les films, contrebalancer le manque de diffusion, donner plus de visibilité, explorer l’iconographie et le langage utilisé par les réalisatrices, examiner les cultures féminines.

1974 – Women by Women (Paris)

Organisé par Vivian Ostrovsky et Esta Marshall , Women by Women s’est tenu au Centre culturel américain. Autour d’une sélection de films américains « par et pour les femmes » offrant un panorama de tous les genres, des débats ont été organisés avec le public et des artistes.

1975 – Femmes/Films (Paris)

À l’occasion de l’année internationale de la femme, Vivian Ostrovsky et Esta Marshall parviennent à obtenir des subventions pour organiser un autre festival de films de femmes au cinéma Gaumont Rive Gauche et un partenariat avec la Fnac permet d’organiser des débats autour des financements de films, de l’organisation du quotidien, des besoins matériels…

Depuis 1978 – Festival international de films de femmes (Sceaux, 1978-1984, Créteil 1985-)

En 1979, Jackie Buet et Elisabeth Tréhard souhaitent trouver des solutions pour pallier la sous-représentation des femmes dans les cinéma. Parmi les festivals de films de femmes nés dans les années 1970, il est le seul à se poursuivre encore aujourd’hui. La chercheuse Katharina Kamleitner remarque que le festival a particulièrement su s’adapter aux évolutions des idées féministes et cite Enrico Carocci : « Malgré sa rigueur et sa persévérance incontestables dans la poursuite de ses objectifs, le festival, depuis ses débuts dans les années 1970, n’a jamais adhéré à une version rigide ou “pure et dure” du féminisme de cette époque. »

Le festival propose des films inédits avec au moins une réalisatrice (longs et courts métrages de fiction et documentaires). Ses archives contiennent plus de 10 000 films réalisés par des femmes. Le festival distribue de nombreux prix pour défendre le cinéma des réalisatrices du monde entier. Mettant l’image et les mode de représentation au centre des réflexion, il lutte contre toutes formes de discrimination (race, sexe, culture, classe sociale…).

Depuis 1988 – Rocky Mountain Women Film Festival (Colorado Spring) 

Donna Guthrie et Jere Martin, de retour du Telluride Film Festival, ont l’idée de réaliser un festival dédié aux femmes. Trente ans plus tard, ce festival de films de femmes est le plus ancien d’Amérique du Nord. À travers des documentaires et de la fiction, des films d’animation, en courts et longs métrages de réalisatrices, le festival explore l’esprit et la diversité des femmes. Les séances sont suivies de débats et forums de questions-réponses. 

Depuis 1989 – St. John’s international Women’s Film Festival (Canada)

Ce festival, le plus ancien du Canada consacré aux films de femmes, fait passer la communauté avant la compétition. Il défend la créativité des femmes et s’engage envers une industrie cinématographique équitable entre les genres et centrée sur les artistes. Reconnu internationalement, il est inclus dans palmarès du USA Today « 10 incroyables festivals de cinéma qui valent le voyage », en 2019.

Des festivals pour la diversité et l’intersectionnalité 

Au tournant des années 1990, les festivals de films de femmes peinent à s’adapter au mouvement post-féministe qui est moins politisé. Les débats autour de l’intersectionnalité (le fait de subir plusieurs formes de discriminations ou dominations) sont au cœur de cette troisième vague de féminisme. Des festivals qui donnent aussi la parole aux lesbiennes et aux femmes de toutes les cultures voient le jour de Paris à Taipei.

Depuis 1989 – Festival du Film Féministe et Lesbien de Paris (Paris)

Organisé par l’association Cineffable, ce festival est né en réaction au Festival du film de femmes de Créteil, dont l’approche des lesbiennes ne convenait pas. Réservé au public féminin, alors même que les pouvoirs publics refusent de financer des événements non mixtes (jusqu’en 2002), ce festival est un espace privilégié de défense des lesbiennes et du féminisme. Dans le catalogue de 1996, elles écrivent : « nous devons assumer la responsabilité, prendre le contrôle de nos images, devenir actrices dans nos propres productions pour rompre définitivement avec le système oppressif de représentation qui nous enferme, qui nous fait taire. »

Depuis 1991 – London Lesbian Film Festival (Canada)

Géré par les Reeling Spinsters, un groupe de bénévoles, il est le seul festival exclusivement lesbien en Amérique du Nord. À l’occasion de ce rendez-vous, les débats politiques, le brunch comique et la soirée dansante qui accompagnent les projections ont pour but de renforcer les communautés et valoriser la diversité des expériences lesbiennes. ​Le festival accueille les lesbiennes, les personnes non binaires et les femmes 2SLGBTQIA+. 

1991-2005 (?)Women Color Film Festival (Santa Cruz)

Fondé par les étudiant·es de l’University of California à Santa Cruz. Ce festival ouvert aux femmes pour la diversité de leurs cultures ne pose aucun jugement sur la qualité des films et projette aussi bien les réalisations d’autodidactes ou d’étudiantes. 

Depuis 1993

Women Makes Waves International Film Festival (Taïwan)

Le festival souhaite mettre en avant des œuvres cinématographiques d’exception réalisées par des femmes afin de défendre l’égalité des genres et la conscience féministe. Dans les années 2000, le festival évolue en même temps que les pratiques contemporaines avec une ouverture vers le format vidéo et son déplacement dans tout le pays en partenariat avec des théâtres, des universités…

Barcelona International Women’s Film Festival (Barcelone)

Ce festival non compétitif, plus connu sous le nom de Mostra, met en avant les films de réalisatrices ou co-réalisatrices qui se positionnent en contre exemple de la construction des genres et du pouvoir. Il se définit comme dissident, féministe et passionné et aborde les thèmes du transféminisme, de la mémoire et des archives de l’autorat féminin. En plus des conférences, workshop et d’espaces d’échanges, il s’enrichit d’une activité éditoriale et ses archives en ligne sont remarquablement complètes. Chaque année, est réalisé un projet participatif et collaboratif de vidéo d’une minute sur un thème féministe.

Depuis 1997

Seoul International Women’s Film Festival (Séoul)

Avec son slogan « Voir le monde à travers les yeux des femmes », ce festival a connu un véritable succès dès sa première édition et est désormais le plus grand festival de film de femmes au monde. Il met en avant les réalisatrices qui filment des femmes d’un point de vue féminin, puis a ouvert sa « queer section rainbow » en 2007. Leur site est une mine d’or avec toutes les archives des programmes depuis 1997 et les galeries photos. 

Reel Sister of the Diaspora (New York)

Fondé par le magazine African Voice et le département Arts et Médias de l’Université Long Island. Le festival donne la place aux réalisatrices de cultures minoritaires et offre des bourses. Les films co-dirigés, co-écrits ou co-produits avec des hommes sont acceptés. 

Flying Broom International Women’s film festival (Ankara)

Porté par la société civile du même nom, ce premier festival de films de femmes turc est né pour faire valoir les droits des femmes. L’organisation fut la première en Turquie à soulever l’enjeu des mariages forcés. En 2023, le festival annonce sa solidarité avec les Iraniennes suite au décès de Masha Amini.

International Queer Women of Color Film Festival (San Francisco)

Du court au long, de l’expérimental à l’animation, ce festival recueille les récits filmiques par ou au sujet de femmes de minorités non stéréotypées, au croisement des LGBTQIA+ et BIPOC (Black, Indigenous, and People of Color) . Le festival met aussi tout en œuvre pour accueillir les personnes malvoyantes, malentendantes ou à mobilité réduite, propose une garde d’enfant gratuite sur place et s’engage à assurer la sécurité des publics.

Depuis 2002 – International Images Film Festival for Women (Harare, Zimbabwe). 

Seul festival féminin de l’Afrique subsaharienne. Il met la focale sur les réalisatrices et la représentation des femmes dans le cinéma tout en s’efforçant d’accroître les capacités de participation et de production des femmes dans l’industrie audiovisuelle, à l’échelle locale et régionale, ainsi qu’une reconnaissance nationale.

Depuis 2005

Broad Humor film festival (Los Angeles) 

Ce festival présente des comédies écrites et dirigées par des femmes le temps d’une semaine et organise des séances d’échanges et de lecture pour favoriser les opportunités professionnelles. 

LA Femme Film Festival (Los Angeles)

Un festival se veut être une véritable plateforme avec ses séminaires, son mentorat, ses séances de networking, ses soutiens à la distribution ou encore son gala… Son slogan est « Par les femmes, pour tout le monde » et s’adresse à des réalisatrices en début de carrière ou bien installées. 

Élargir les luttes

Avec l’augmentation de la sensibilité des publics envers les problèmes vécus par les femmes, les festivals des années 2010 se forment en répercussion à des événements ou des endroits de féminismes tirés de l’actualité, comme le Festival de films féministes de Berlin qui est né en réaction au décès de Savita Halappanavar ou le Festival des femmes de plus de 50 ans. De plus en plus de pays se dotent de leur festival de films de femmes.

2012-2018 – London Feminist Film Festival (Royaume-Uni)

Le festival s’intéresse plus particulièrement aux documentaires sur les problèmes rencontrés par les femmes tournés par des réalisatrices femmes ou non-binaires. La représentation des femmes doit être positive et s’engager pour les droits des femmes. Le festival soutient les femmes et favorise le militantisme pour le changement social. 

Depuis 2013 – Etheria Film Night (Los Angeles)

Ce festival projette des courts métrages inédits de genre, réalisés par des femmes : science fiction, fantastique, horreur, action, thriller. Le festival s’adresse à des producteur·rices, des manager·euses, des programmateur·rices, des distributeur·rices et des fans de films de genre.

2013-2021 Reel Women (Hong Kong) 

Festival dédié à la célébration du pouvoir et de la beauté des femmes. Il souhaite avant tout promouvoir l’égalité des genres et l’appréciation de sa féminité, pour une vision positive des femmes envers elles-mêmes au quotidien. Le festival est aussi une association caritative et verse des donations aux organisations de défense des femmes, des marginalisé·es et de promotion de l’égalité des genres.

2013-2021 –  Herat international Women’s Film Festival (Afghanistan)

Le festival est rapidement devenu une plateforme pour le cinéma des femmes, en présentant des films sur les droits humains, la justice des genres, l’identité et les femmes dans les conflits. Après 2021, les femmes ont été bannies de l’éducation, de la culture, des média et du travail artistique sous l’apartheid de genre et le festival a été forcé à l’exil. 

2014-2021 Dublin Feminist film festival (Dublin)

Ce festival engagé politiquement, a été créé en réponse au décès de Savita Halappanavar à qui un avortement a été refusé. Elle est morte suite aux complications de sa fausse couche en 2012, comme le précise Katharina Kamleitner dans sa thèse sur les festivals de films de femmes. À destination des réalisatrices, ce festival soutenu par des bénévoles est non compétitif et assure un environnement sûr. Il récompense aussi les directrices de la photographie pour leurs regards loin des stéréotypes des femmes à l’écran.

Depuis 2015

Olhares do Mediterrâneo – Women’s Film Festival (Lisbonne)

Ce festival programme les travaux de femmes de tous les pays de la Méditerranée et s’organise en partenariat avec le Films Femmes Méditerranée festival de Marseille et le Centre en réseau de recherche en Anthropologie de l’Université Nouvelle de Lisbonne.

Nevada Women’s film Festival (Las Vegas) 

Les films programmés doivent passer le test de Bechdel, c’est-à-dire inclure au moins deux femmes, qui ont un prénom et une discussion entre elles qui n’est pas à propos d’un homme. 

Women over 50 film festival (Lewes) 

Le festival défend le travail des femmes plus âgées de l’industrie du cinéma qui sont d’autant plus discriminées. Il programme les films dont une femme de plus de 50 ans tient un rôle clé : écriture, production, réalisation ou bien les films sur des femmes de plus de 50 ans. Ce festival s’élève contre l’âgisme, le sexisme et l’exclusion des femmes plus âgées et revalorise leur histoire dans l’industrie du cinéma.

 Ndiva Women’s Film Festival (Accra, Ghana) 

Le festival programme des films de femmes, pour des femmes, ou bien des films par des hommes sur des femmes qui ont pour sujet les Africain·es ou la diaspora africaine. Toutes les professions du cinéma sont conviées pour favoriser les réseaux, collaborations et productions. 

Melbourne women in film festival (Australie)

Ce festival prend particulièrement en compte les populations aborigènes de l’Australie, Nouvelle-Zélande et de la région Moana (Océanie). Il rend hommage aux coutumes traditionnelles des Wurundjeri et des Bunurong à qui appartiennent les terres où s’organise le festival. 

Depuis 2019 – Festival International du Film au Féminin (La Réunion, Ile Maurice)

Ses valeurs fondatrices sont le féminisme, l’engagement, la bienveillance et l’optimisme. La philosophie de cette manifestation est l’universalité des femmes : toutes les femmes de toutes les origines, cultures, religions et niveaux sociaux sont représentées. Il décerne le Prix Alice Guy, créé en 2018 par la journaliste et autrice Véronique Le Bris, qui est le premier prix de cinéma français consacré exclusivement aux réalisatrices.

Au-delà d’un festival, les festivals de films de femmes se sont toujours constitués comme des lieux de débats et d’échanges pour faire valoir la place des femmes, marginalisées, dans l’industrie cinématographique. En miroir leur temps, les festivals de films de femmes se sont progressivement ouverts plus largement aux questions de genre, d’intersectionnalité, des spécificités de chaque communauté ou groupe de femmes et trouvent leur écho dans de nombreux pays.

Publié le 22/06/2026 - CC BY-SA 4.0

Pour aller plus loin

On Women’s Film Festivals. Histories, Circuits, Feminisms, Futures (2020), par Katharina Kamleitner | Thèse de doctorat, Université de Glasgow

Lorsqu’ils ont commencé à se développer dans les années 1970, les festivals de films de femmes ont offert des occasions cruciales de présenter des films réalisés par des femmes en dehors du courant dominant. Depuis lors, ces festivals sont devenus des plateformes majeures pour la diffusion et la recherche sur le cinéma féminin, et contribuent activement à façonner le paysage mondial des festivals de cinéma.

Archives de Vivian Ostrovsky | distribution Festivals & Films (1974 -1980)

La liste des festivals de films de femmes auxquels Vivian Ostrovsky a participé et leurs archives associées.

Hollywomen | Fabien Hurelle, 14 avril 2018

Parcourez la liste exhaustive des festivals de cinéma et des cycles de projection en cours à travers le monde, consacrés aux réalisatrices et aux films mis en scène par des femmes. Cliquez sur le nom d’un festival pour accéder directement à son site web, triez les résultats par critères ou effectuez une recherche spécifique.
112 festivals recensés à travers le monde, à cette date.

En compétition, une décennie de festivals internationaux de cinéma

Grégoire Bideau et Steven Tallec
Presses des Mines, 2019

Fondée sur l’exploitation d’une base de données originale, une étude comparative de l’ambition internationale de la programmation et de l’importance des critères nationaux et locaux, depuis le début des années 2010. La place des femmes, la nationalité des films et des réalisateur·rices sélectionné·es, l’évolution des langues parlées ou encore l’apparition de plateformes numériques sont évoqués. © Électre 2019

À la Bpi, 791.01 ENC

Cinéma d'elles, 1981-2001. Situation des cinéastes femmes dans le cinéma français

Françoise Audé
L'Âge d'homme, 2002

Étude sur la place. Le rôle des réalisatrices dans le cinéma français et le renouvellement qu’elles apportent au cinéma français par la singularité de leur travail.

À la Bpi, 791.6 AUD

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